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RDC: levée de boucliers de l’opposition contre une éventuelle révision constitutionnelle

​La République Démocratique du Congo franchit une étape législative majeure vers une potentielle révision constitutionnelle. Ce lundi 15 juin 2026, le Sénat a adopté à l’unanimité la proposition de loi fixant les modalités d’organisation d’un référendum, par le vote des 89 sénateurs présents sur les 109 que compte la chambre haute.

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Félix Tshisekedi, Président de la RDC
Félix Tshisekedi, Président de la RDC PH: DR
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Ce feu vert fait suite à l’aval préalable des députés à l’Assemblée nationale, mais le texte validé par les sénateurs comporte une modification substantielle qui va nécessiter une conciliation entre les deux branches du Parlement.

​En effet, la chambre haute n’a pas repris intégralement la mouture votée quelques jours plus tôt par l’Assemblée nationale. Les sénateurs ont introduit un amendement concernant la composition de l’assemblée constituante chargée de préparer les réformes qui seront soumises au vote populaire.

Ils ont ainsi retiré du dispositif les conseillers communaux, qui y avaient été intégrés par les députés nationaux. Pour justifier cette exclusion, le Sénat a argué que l’élection de ces conseillers communaux n’avait été organisée que dans les seuls chefs-lieux de provinces, laissant de côté de nombreuses autres villes et communes rurales du pays.

Cette divergence technique impose désormais l’ouverture d’une procédure d’harmonisation entre les deux chambres, sachant qu’en cas de conflit persistant, la Constitution congolaise prévoit que le dernier mot reviendra à la position de l’Assemblée nationale.

​Pendant que la mécanique parlementaire s’ajuste, ce texte, qui définit pour la toute première fois le cadre légal d’un référendum en RDC, suscite une levée de boucliers en dehors de l’hémicycle. L’opposition politique, réunie notamment au sein de la coalition C64, rejette catégoriquement cette initiative qu’elle qualifie de manœuvre orchestrée par le pouvoir en place.

Selon les dirigeants de cette coalition, l’objectif inavoué de cette loi est de baliser le terrain pour l’adoption d’une toute nouvelle Constitution. Une telle modification structurelle permettrait au président Félix Tshisekedi, dont le second et dernier mandat constitutionnel doit expirer en 2028, de briguer un troisième mandat, ce que l’actuelle loi fondamentale lui interdit de manière formelle.

Pour les opposants, le contrôle de la procédure référendaire par le chef de l’État et la large majorité présidentielle aux ordres dans les deux chambres réunissent tous les ingrédients d’un contournement institutionnel, ouvrant désormais une période d’incertitude quant à la réaction de la rue et de la communauté internationale.

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