Procès Agnès Lassalle : son mari arrive en tee-shirt symbolique face à son meurtrier
Le procès du meurtre d’Agnès Lassalle s’est ouvert mardi 21 avril devant la cour d’assises des mineurs des Pyrénées-Atlantiques, à Pau, plus de trois ans après le drame qui avait frappé le lycée Saint-Thomas-d’Aquin de Saint-Jean-de-Luz. L’affaire, qui avait provoqué une vive émotion nationale après l’attaque mortelle d’une enseignante par un élève de seconde, est marquée en audience par la présence de proches de la victime et par des témoignages sur l’état de santé mentale de l’accusé.

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Le 22 février 2023, un adolescent de seize ans avait poignardé sa professeure d’espagnol avec un couteau de cuisine de 18 centimètres. L’enseignante, Agnès Lassalle, avait été touchée à la poitrine et était décédée peu après. Selon les éléments rapportés lors des audiences préparatoires, l’élève s’était levé quelques minutes avant le passage à l’acte pour verrouiller la porte de la classe de l’intérieur, puis avait déballé la lame d’essuie‑tout avant d’agresser son enseignante.
Au moment des faits, l’adolescent évoquait des épisodes de harcèlement scolaire et était suivi depuis quatre ans par un psychiatre. Il avait, d’après les informations judiciaires, fait une tentative de suicide en novembre 2022 et prenait un traitement antidépresseur. Lors de sa garde à vue, il avait fait état d’une « petite voix qui lui parle », qu’il a décrite comme « égoïste, manipulateur, égocentrique, qui l’incite à faire le mal ».
Le geste fort de son ex-compagnon
À l’ouverture du procès à Pau, l’ex-compagnon d’Agnès Lassalle, Stéphane Voirin, s’est présenté en salle d’audience portant un t-shirt sur lequel apparaît une photo du couple en train de danser. Il a expliqué qu’il portait ce vêtement « pour dire la femme qu’elle a été, pleine de vie » et pour « la faire exister » au cœur du procès, estimant qu’« Agnès est la grande absente de ce procès ».
Stéphane Voirin a également déclaré : « C’est un moment important pour tout le monde, qui va permettre de passer à autre chose et avancer dans la vie, afin de retrouver une sérénité. Jamais rien ne fera revenir Agnès, je veux juste que ce procès serve d’exemple pour faire évoluer les choses. » Ces propos ont été tenus lors de l’ouverture d’audience, selon des comptes rendus de presse.
Le geste de Voirin avait déjà attiré l’attention lors des obsèques d’Agnès Lassalle, où il avait dansé près du cercueil en expliquant sur le plateau de l’émission Sept à Huit qu’il s’agissait « de [sa] manière de dire au revoir », le couple s’étant rencontré « sur une danse ».
Les débats à Pau porteront notamment sur le discernement de l’accusé au moment des faits. Les jurés devront apprécier si la prise en charge antérieure était suffisante et si elle aurait pu empêcher le passage à l’acte. Me Thierry Sagardoytho, avocat de l’accusé, a prévenu que « la prise en charge antérieure au drame était-elle suffisante ? Aurait-elle pu l’éviter ? Les débats seront douloureux pour tous ».


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