Pierre Lottin évoque Gaza après avoir reçu son César du Meilleur acteur dans un second rôle
Diffusée sur Canal+ le 26 février 2026, la 51e cérémonie des César a été rythmée par des interventions inattendues et une prise de parole forte de l’acteur Pierre Lottin, nommé pour son rôle dans L’Étranger et lauréat du César du Meilleur acteur dans un second rôle. Présidée par Camille Cottin et animée par Benjamin Lavernhe, la soirée a vu Lottin multiplier les apparitions sur scène, mêlant humour, spontanéité et références politiques relayées par les médias et les réseaux sociaux.

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Tout au long de la cérémonie, Pierre Lottin est monté à plusieurs reprises sur scène, notamment en compagnie d’Alexandre Lamy pour remettre le César du Meilleur effet visuel. Arrivé en dansant, il a lancé au public : « Je suis content », puis, en tentant de lire le prompteur : « J’ai une vue de merde… je n’ai pas bu beaucoup d’eau. » Ces apartés improvisés ont provoqué des éclats de rire dans la salle.
Au moment d’être annoncé lauréat du César du Meilleur acteur dans un second rôle pour L’Étranger, Pierre Lottin est monté sur scène visiblement ému et a immédiatement rompu le protocole par une boutade : « Il est où Jim Carrey, merde ! » Il a reconnu ne rien avoir préparé avant d’entamer un discours au ton volontairement brut : « C’est très bien d’avoir un César. Mais le problème, c’est que je me sens un peu con d’avoir un César par rapport à ce qui se passe en Ukraine, par exemple en Birmanie, à Gaza, en Iran. »
Une prise de parole chargée de références historiques et géopolitiques
Le silence s’est installé dans la salle après ces propos, que Pierre Lottin a complétés en anticipant d’éventuelles critiques : « On a l’impression que ça fait le gaucho qui veut être à tous les trucs. Mais j’en ai strictement rien à foutre. (…) Un comédien, c’est sensible et puis je suis sensible par rapport à ce qui se passe dans le monde. »
Lors de son intervention, l’acteur portait un pin’s qu’il a présenté comme un hommage historique : « Donc ce pin’s, c’est mon petit pin’s, c’est en hommage à Mossadegh ». Par ce geste, il évoque Mohammad Mossadegh, figure historique iranienne renversée en 1953 après avoir nationalisé le pétrole de son pays, référence rappelée dans plusieurs comptes rendus de la cérémonie.
La mention de Mossadegh et l’alignement de son émotion personnelle sur des crises contemporaines ont donné une dimension politique inattendue à un discours prononcé lors d’une remise de prix culturelle. Des extraits de l’allocution ont rapidement circulé : la déclaration « Je vais faire mon gaucho, je n’en ai rien à foutre. C’est bien d’avoir un César, le problème c’est que, comme il se passe des trucs à Gaza, en Ukraine… c’est un peu obsolète de l’avoir. » a été reprise sur les réseaux sociaux et par plusieurs médias présents dans la salle.

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