Nigeria : Shell et Eni vont exploiter l’OPL 245 divisé en quatre blocs après 30 ans de blocages
Le gouvernement nigérian a annoncé la division du champ pétrolier offshore OPL 245 en quatre blocs distincts, qui seront gérés par les compagnies Shell et Eni, afin de clore un imbroglio juridique et politique qui dure depuis près de trente ans et permettre le lancement des travaux d’exploitation sur ce gisement majeur situé au large du delta du Niger, estimé à plusieurs centaines de millions de barils.

SOMMAIRE
Depuis son attribution initiale en 1998, l’OPL 245 n’a jamais livré de production commerciale. La licence avait été concédée à la société nigériane Malabu Oil and Gas, détenue à l’époque par l’ancien ministre du Pétrole Dan Etete. Cette attribution a rapidement été contestée en raison de condamnations antérieures visant M. Etete pour des faits de blanchiment, ce qui a entraîné le retrait du permis par l’État et une suite de contentieux entre Malabu, le gouvernement nigérian et des opérateurs internationaux.
Le dossier a pris une ampleur internationale en 2011 quand Shell et Eni ont versé environ 1,3 milliard de dollars pour obtenir les droits d’exploitation de l’OPL 245. Ce règlement financier a fait l’objet d’enquêtes et de procédures judiciaires notamment en Italie, où les autorités ont dénoncé des détournements présumés vers des responsables politiques et des intermédiaires. Plusieurs procès très médiatisés ont suivi, retardant toute décision d’investissement et la mise en production du champ.
Modalités de répartition et implications opérationnelles
La répartition de l’OPL 245 en quatre zones répond, selon les responsables nigérians, à la nécessité de simplifier la gouvernance du bloc et d’attirer des investissements ciblés pour le développement des infrastructures offshore. La division devrait permettre à chaque section d’être opérée et financée séparément, avec des calendriers et des partenaires techniques adaptés à leurs caractéristiques géologiques et logistiques.
Shell et Eni, déjà au centre des négociations et des versements antérieurs, se voient confiées les rôles d’exploitants sur ces nouveaux périmètres. Les modalités précises de répartition des participations, des obligations fiscales et des engagements en matière de contenu local restent à finaliser dans les contrats de concession et les accords de partenariat que doit conclure l’État nigérian avec les opérateurs.
Outre les enjeux économiques, ce dossier pose des questions juridiques et de gouvernance. Les litiges anciens entre Malabu et l’État ont donné lieu à des procédures civiles et pénales dans plusieurs juridictions, compliquant l’accès au titre de propriété et la sécurisation des investissements. Les autorités nigérianes soulignent la volonté de clarifier les droits afin de permettre la reprise des activités exploratoires et la mise en place des infrastructures nécessaires à la production.
À ce stade, aucune production commerciale n’a encore été enregistrée sur l’OPL 245 et les évaluations de réserves reposent sur des estimations géologiques. Les contrats pour le développement des quatre blocs doivent être signés très prochainement.

Commentaires