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Nigeria : l’essence grimpe à 1 400 nairas malgré la raffinerie Dangoté à plein régime

Aliko Dangote , président du groupe Dangote
Aliko Dangote , président du groupe Dangote
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Le litre d’essence atteint environ 1 400 nairas à Lagos et Abuja alors que la raffinerie Dangote fonctionne à 700 000 barils par jour. La hausse montre que le raffinage local réduit les importations sans isoler le marché nigérian du prix mondial du brut.

Au Nigeria, le litre d’essence atteint environ 1 400 nairas à Lagos et Abuja, contre près de 1 200 un mois plus tôt, alors même que la raffinerie Dangote fonctionne à pleine capacité, soit 700 000 barils par jour.

La hausse est encore plus forte dans certaines zones du nord, où le litre monte jusqu’à 1 500 nairas, tandis que le diesel dépasse 2 000 nairas. Elle intervient après le relèvement du prix de sortie de la raffinerie Dangote à 1 350 nairas le litre le 12 septembre.

Le renchérissement vient principalement de la remontée du coût du brut dans un marché désormais largement dérégulé. Produire et raffiner localement ne supprime pas cette exposition, car le pétrole utilisé par la raffinerie conserve une valeur liée aux cours internationaux et le prix intérieur n’est plus compensé par une subvention générale.

Cette nouvelle poussée arrive au moment où l’inflation générale venait de ralentir à 15,39 % en août, contre 15,43 % en juillet. L’inflation alimentaire restait cependant à 19,57 %, et les analystes interrogés par Reuters estiment qu’une hausse durable des carburants peut remettre de la pression sur les prix et sur le pouvoir d’achat.

Le gouvernement écarte un retour à la subvention de l’essence et mise plutôt sur le gaz naturel comprimé pour réduire les coûts de transport. La présidence recense plus de 120 000 véhicules convertis, plus de 400 centres certifiés et plus de 90 stations CNG, avec un objectif de baisses mesurables des tarifs de transport à partir du 1er octobre.

Raffiner localement ne suffit pas à casser le prix mondial du brut

La raffinerie Dangote a profondément modifié le commerce pétrolier nigérian sans changer la nature économique du carburant. Les importations d’essence, qui tournaient autour de 400 000 barils par jour en 2024, sont tombées à environ 83 000 barils par jour en 2026, tandis que l’usine produit entre 270 000 et 300 000 barils d’essence par jour. Le Nigeria dépend donc beaucoup moins des cargaisons étrangères de produit fini, mais le coût de la matière première continue de suivre un marché international tendu.

Cette différence est essentielle. Une raffinerie locale réduit les frais de transport maritime, les besoins d’importation de produits raffinés et une partie des sorties de devises, mais elle ne transforme pas le brut nigérian en pétrole à prix administré. Dès que le coût du baril augmente, le prix économique du brut livré à la raffinerie monte lui aussi, et la suppression de la subvention permet à cette hausse de se transmettre plus directement vers le prix de gros puis vers les stations-service.

Dangote fonctionne en outre comme une raffinerie commerciale tournée vers plusieurs marchés. Au premier semestre 2026, l’entreprise a dégagé 1,82 milliard de dollars de bénéfice net sur plus de 13 milliards de revenus, tandis que l’Europe a acheté environ 80 000 barils par jour de carburéacteur nigérian au deuxième trimestre. Ces exportations ne prouvent pas qu’elles provoquent la hausse des prix domestiques, mais elles montrent que l’usine arbitre ses ventes dans un marché régional et mondial plutôt que dans un système de prix public protégé.

Le CNG peut amortir le choc, mais seulement là où le réseau existe

La réponse de l’exécutif consiste donc moins à faire baisser artificiellement l’essence qu’à réduire sa place dans les transports. Le CNG offre déjà des écarts de prix importants sur certains corridors soutenus par les pouvoirs publics. À Abuja, des véhicules convertis appliquent des réductions de 40 % sur plusieurs lignes, tandis qu’en Oyo le tarif initial du trajet Lagos-Ibadan est passé d’environ 8 000 à 3 200 nairas sur les bus concernés.

Le principal obstacle reste l’échelle. Plus de 120 000 conversions et 90 stations représentent une infrastructure en croissance, mais encore insuffisante pour neutraliser rapidement une hausse nationale de l’essence et du diesel. Le président Bola Tinubu a demandé aux États d’accélérer les conversions et les flottes alternatives afin que davantage d’usagers constatent une baisse effective des tarifs à compter du 1er octobre 2026.

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