Nigeria : le président ordonne le déploiement de l’armée après le massacre de 162 personnes
Le président nigérian Bola Tinubu a ordonné le déploiement d’un bataillon militaire dans la zone de Kaiama, État de Kwara, suite à un massacre perpétré mardi 3 février 2026 dans le village de Woro, faisant au moins 162 à 170 morts.

SOMMAIRE
Des hommes armés, soupçonnés d’être des membres de Boko Haram, ont attaqué Woro vers 17h-18h, tirant sur les villageois, incendiant des maisons, des magasins et le palais du chef traditionnel, avant d’enlever des femmes et enfants. Le bilan initial variait (35-75 morts selon les premiers rapports), mais il s’est élevé à 162-170 victimes confirmées, avec des recherches de corps en cours dans les buissons environnants. L’attaque fait suite à une lettre d’avertissement envoyée par les jihadistes cinq mois plus tôt, rejetée par les villageois qui avaient alerté les autorités ; elle cible ceux refusant l’endoctrinement extrémiste.
Tinubu a qualifié l’attaque de « lâche et bestiale », visant des villageois ayant rejeté l’idéologie terroriste, et a ordonné un déploiement immédiat pour sécuriser la zone. Cette mesure intervient après des opérations militaires récentes contre des « éléments terroristes » dans la région, près de la frontière béninoise. Le gouverneur de Kwara, AbdulRahman AbdulRazaq, et la police ont aussi confirmé l’attaque et lancé des opérations de recherche-secours.
Contexte sécuritaire
Kwara, dans le centre-ouest du Nigeria, voit s’intensifier les incursions de Boko Haram et d’affiliés comme l’État islamique en Afrique de l’Ouest, avec des attaques récentes dans des États voisins comme Niger et Katsina (21 morts le même jour). C’est l’une des plus meurtrières de 2026, soulignant la persistance de la menace jihadiste malgré les efforts militaires.
Les terroristes, liés à Boko Haram ou à des factions comme les « Mamuda », avaient envoyé une lettre cinq mois plus tôt annonçant leur venue pour « prêcher » dans le village ; le chef local, Alhaji Salihu Umar, l’avait signalée aux autorités, déclenchant la fureur des assaillants. L’attaque vise à punir ceux refusant l’endoctrinement islamiste extrémiste, comme indiqué par le gouverneur de Kwara et le président Tinubu, qui parlent de villageois « ayant défendu leur foi contre une idéologie perverse ». Le gouverneur AbdulRazaq y voit aussi une diversion contre les opérations antiterroristes locales efficaces.
Soupçonnés d’être Boko Haram (JAS faction) ou Lakurawa (IS-affilié), ils exploitent les forêts frontalières (Borgu Park) pour des raids punitifs récurrents dans Kwara, Niger et Katsina, sans communiqué officiel pour cette attaque spécifique.

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