Nigeria : des anglicans conservateurs se réorganisent contre la nouvelle archevêque de Canterbury

Des représentants d’un courant confessionnel conservateur de l’anglicanisme ont annoncé, jeudi 5 mars à Abuja, la formation d’un Conseil anglican mondial. Cette initiative intervient en réaction à la nomination de Sarah Mullally comme première femme archevêque de Canterbury, poste considéré comme la plus haute autorité de l’Église d’Angleterre et symbole de référence pour la Communion anglicane, présente dans quelque 165 pays.

RELIGION
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Nigeria: des anglicans conservateurs se réorganisent en opposition à la nouvelle archevêque de Canterbury
<span>L'archevêque du Rwanda, le révérend Laurent Mbanda, président de la Global Fellowship of Confessing Anglicans (Gafcon), à la sortie d'un service religieux en marge d'une réunion de la Communion anglicane à Abuja, au Nigeria, le 4 mars 2026.</span> <span>AP - Olamikan Gbemiga</span>
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SOMMAIRE

Les participants appartiennent majoritairement à la Global Anglican Future Conference (GAFCON) : des évêques et délégués venus d’une cinquantaine de nations qui se sont retrouvés à Abuja dès le lundi 2 mars. Lors de ce rassemblement, ils ont choisi un nouveau responsable pour diriger leur mouvement, marquant une étape supplémentaire dans leur refus antérieur de reconnaître l’autorité exclusive de l’archevêque de Canterbury.

À la tête de cette formation conservatrice, les délégués ont porté l’évêque rwandais Laurent Mbanda, qui a affirmé, selon ses proches, ne pas chercher à rivaliser avec Canterbury mais à représenter une expression distincte de la famille anglicane mondiale. Le courant qu’il dirige pèse lourdement en Afrique et dispose aussi d’implantations significatives en Asie et en Amérique latine ; il s’est structuré en grande partie autour de son opposition à des évolutions doctrinales et liturgiques, notamment la bénédiction d’unions entre personnes de même sexe.

La décision de confier le siège de Canterbury à Sarah Mullally a intensifié les dissensions. L’archevêque du Nigeria, Henry Ndukuba, a qualifié cette désignation de profondément perturbante et a estimé que la nomination d’une femme à ce poste allait à l’encontre des attentes d’une large part des fidèles anglicans — rappelant que le Nigeria compte, selon les estimations, environ 18 millions des quelque 95 millions d’anglicans dans le monde.

Vers une structuration parallèle de l’autorité

En officialisant la création d’un organe de gouvernance autonome au sein de la GAFCON, ses promoteurs institutionaliseront une ligne de rupture avec l’Église d’Angleterre et remettront en cause la primauté traditionnelle de Canterbury au sein de la Communion. Face à ces évolutions, la structure centrale de l’anglicanisme a reconnu la réalité des tensions internes tout en appelant les communautés à rechercher l’unité dans la foi.

Sarah Mullally, âgée de 63 ans et ancienne infirmière, devait être intronisée à la cathédrale de Canterbury le 25 mars, date qui marquera officiellement le début de son mandat à la tête de l’Église d’Angleterre.

Les origines institutionnelles de l’anglicanisme remontent au XVIe siècle, lorsque, en 1534, le roi Henri VIII rompait avec l’autorité du pape et établissait le souverain anglais comme chef de l’Église en Angleterre — une rupture qui a jeté les bases de l’organisation ecclésiale qui perdure sous des formes diverses jusqu’à aujourd’hui.

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