Naps : son ADN retrouvé en quantité sur les sous‑vêtements de la victime présumée
Le rappeur marseillais Naps, de son vrai nom Nabil Boukhobza, est jugé depuis le 16 février devant la cour criminelle de Paris pour des faits de viol remontant à 2021, après la plainte d’une jeune femme qui affirme avoir été agressée dans une chambre d’hôtel parisienne alors qu’elle dormait. Lors du procès, une expertise génétique a mis en évidence la présence en forte quantité de l’ADN de l’accusé sur le string de la plaignante, alimentant le débat judiciaire autour du consentement.

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Interrogé à la barre, Nabil Boukhobza a livré sa version des faits, affirmant que les relations sexuelles avaient débuté de manière consentie. Il a détaillé l’arrivée à l’hôtel tôt le matin, évoquant une consommation légère d’alcool et la présence de trois femmes dans la chambre. « Ça s’est chauffé, des caresses, on s’est embrassés. Puis le rapport a commencé, ça se passait très bien, j’entendais des gémissements, » a-t-il déclaré, ajoutant qu’il avait ensuite changé de partenaire et que, face au refus apparent de l’une d’elles, il n’avait plus d’érection et que les trois femmes avaient finalement récupéré leurs téléphones et quitté les lieux.
De son côté, lorsque l’affaire a initialement été divulguée dans la presse, l’artiste avait publiquement nié les allégations, déclarant ne pas avoir été contacté par la police et se disant « sali » par les rumeurs. Le procès concentre désormais l’examen des éléments scientifiques, des témoignages et des expertises psychologiques pour déterminer si la pénétration, dont ni l’accusé ni la partie civile ne contestent l’existence, s’est déroulée avec ou sans consentement.
Expertise ADN et témoignage psychologique
L’experte en empreintes génétiques, Alexandra Schlenck, a été entendue par visioconférence. Elle a précisé que l’ADN de M. Boukhobza était présent en forte quantité sur le tour de taille du string et sur la surface extérieure arrière, au niveau des fesses. « Ce qui veut dire qu’il y a eu un contact plus que furtif entre M. Boukhobza et le vêtement », a-t-elle résumé, conformément à son rapport d’analyse présenté à la cour.
Lors d’une question de la défense, l’experte a également indiqué qu’aucun ADN masculin n’avait été mis en évidence dans les prélèvements vaginaux réalisés sur la plaignante. Interrogée sur la possibilité d’affirmer qu’une pénétration avait eu lieu, elle a répondu qu’on ne pouvait ni l’exclure ni l’affirmer. Elle a formulé l’hypothèse, sans trancher, que si une pénétration avait eu lieu, elle n’avait peut‑être pas été suffisamment prolongée ni intensive pour entraîner un dépôt detectable de cellules à l’intérieur du vagin.
La psychologue Ambre Piquart, qui a rencontré la plaignante, a décrit une jeune femme présentant des symptômes compatibles avec un psycho‑trauma : syndrome de réminiscence, cauchemars, troubles du sommeil, réveils nocturnes, fatigue chronique, difficultés de concentration, troubles de l’humeur, perte de confiance en soi et épisodes d’angoisse dans les transports en commun. Elle a également signifié des manifestations d’anxiété comportementale, comme le fait de se ronger les cuticules.
Au cœur du dossier : la coexistence d’éléments matériels (ADN retrouvé sur le sous‑vêtement) et l’absence d’éléments biologiques internes permettant d’établir de façon formelle une pénétration prolongée, tandis que la partie civile et la défense s’affrontent sur l’interprétation du consentement lors des actes rapportés.

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