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Lahbib Mohamed Abdelaziz, fils de l’ancien chef du front Polisario tué dans une frappe de drone

Le Front Polisario a annoncé la mort de Lahbib Mohamed Abdelaziz, fils de l’ancien chef historique du mouvement, dans une frappe attribuée à un drone marocain au Sahara occidental. Ce décès, le plus hautement symbolique depuis la reprise des hostilités en 2020, intervient au moment même où l’émissaire de l’ONU, Staffan de Mistura, entame une tournée régionale pour tenter de relancer le processus politique.

POLITIQUE
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Front Polisario
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Le Front Polisario a annoncé dimanche 7 juin la mort de Lahbib Mohamed Abdelaziz, fils de l’ex-secrétaire général du mouvement Mohamed Abdelaziz, ainsi que de deux de ses compagnons d’armes, dans une frappe attribuée à un drone marocain dans la zone tampon à l’est du mur de sécurité, au Sahara occidental. Selon le communiqué du ministère de la Défense de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), Lahbib Mohamed Abdelaziz, né en 1989, était membre du Secrétariat national du Front et commandant de la Première Brigade de réserve de campagne. Il est présenté comme étant tombé lors de combats contre les positions des Forces armées royales (FAR). Selon le site marocain Yabiladi, qui cite la version du Polisario, les trois hommes coordonnaient alors des attaques contre des positions de l’armée marocaine. Une opération décrite comme une tentative d’incursion armée à l’est du mur de défense.

La Présidence de la RASD a décrété un deuil national de trois jours à compter du 7 juin à 20h00 heure locale, saluant la mémoire d’un combattant tombé selon le communiqué officiel « face à l’ennemi et sans jamais reculer ».

Un responsable pressenti comme successeur de Brahim Ghali

Lahbib Mohamed Abdelaziz était considéré comme l’une des figures montantes du Polisario et un prétendant possible à la succession du secrétaire général Brahim Ghali, âgé de 78 ans. Lors du 16e congrès du Front, tenu en janvier 2023 dans le camp de Dakhla, sur le territoire algérien, il avait été élu au Secrétariat national, instance exécutive composée de 28 membres. En 2024, Brahim Ghali l’avait nommé commandant de l’Armée de réserve, en remplacement de Mohamed Lamine Ould El Bouhali, selon Yabiladi.

Son père, Mohamed Abdelaziz, avait dirigé le Front Polisario de 1976 jusqu’à sa mort en mai 2016. Il avait confié à son fils, dès octobre 2013, le commandement d’une unité de gendarmerie du Polisario, formation présentée comme faisant partie des forces d’élite du mouvement. Un article de Yabiladi publié le 8 juin, citant un ancien membre du Polisario, soulève des interrogations sur les circonstances exactes du décès, indiquant que le défunt commandait l’Armée de réserve et n’occupait pas de fonction opérationnelle impliquant une présence en première ligne.

La frappe est survenue le jour même de l’arrivée dans les camps de Tindouf, en territoire algérien, de Staffan de Mistura, envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara occidental. L’émissaire italo-suédois avait entamé le 7 juin au soir une tournée régionale dont la première étape était la partie sahraouie, pour y rencontrer les dirigeants du Polisario, les membres du Conseil consultatif et des représentants de la société civile sahraouie, selon l’agence SPS.

Le lundi 8 juin, Staffan de Mistura a rencontré le ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohamed Yeslem Beissat, ainsi que Sidi Mohamed Omar, représentant du Polisario auprès des Nations Unies. Il devait ensuite poursuivre sa tournée vers Alger et Nouakchott, dans le cadre d’une série de consultations visant à relancer le processus politique onusien, au point mort depuis le retour aux hostilités en novembre 2020. Lors d’une réunion du Conseil de sécurité en avril 2026, de Mistura avait appelé le Polisario à consentir aux « concessions nécessaires » pour favoriser un règlement du conflit.

Un conflit armé relancé depuis novembre 2020

Le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole de 266 000 kilomètres carrés bordant l’Atlantique, fait l’objet d’un différend entre le Maroc, qui contrôle environ 80 % du territoire et propose un plan d’autonomie sous sa souveraineté, et le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, qui réclame un référendum d’autodétermination. Le territoire est qualifié par l’ONU de « territoire non autonome », en l’absence de règlement définitif.

Après près de trente ans de cessez-le-feu, les hostilités ont repris en novembre 2020 à la suite du déploiement de troupes marocaines dans la zone tampon de Guerguerat, à l’extrême sud du territoire. Depuis lors, des incidents armés sont régulièrement signalés dans la zone tampon, à l’est du mur de sable long d’environ 2 700 kilomètres érigé par le Maroc. La mort de Lahbib Mohamed Abdelaziz est le décès de rang le plus élevé annoncé par le Polisario depuis la reprise des combats.

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