Jeunes Togolais risquent leur vie dans les mines d’or au Mali

Dans la région des Savanes, au nord du Togo, la pauvreté pousse de nombreux jeunes à quitter leur foyer pour les sites d’orpaillage du Mali et du Burkina Faso, attirés par la perspective de gains rapides malgré les risques sanitaires et sécuritaires.

ACTUS
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La pauvreté comme seul passeport : Quand des jeunes Togolais risquent leur vie dans les mines d’or au Mali
La pauvreté comme seul passeport : Quand des jeunes Togolais risquent leur vie dans les mines d’or au Mali
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Raoul, nom d’emprunt, illustre ce mouvement : titulaire d’un diplôme mais sans emploi stable, il explique que l’absence d’opportunités locales l’a conduit à tenter sa chance hors des frontières. Privé de revenus suffisants pour assumer ses charges personnelles et familiales, il s’est vu contraint de partir plutôt que de choisir librement une autre voie.

Pour ces jeunes, l’extraction artisanale de l’or n’est pas un projet professionnel à long terme mais un moyen de réunir des fonds immédiats destinés à financer des projets ou à soutenir des proches restés au pays. L’espoir d’un retour avec des ressources suffisantes alimente des départs massifs, même si la réalité sur le terrain se révèle souvent plus dure que l’image renvoyée par quelques retours réussis.

Conditions de travail, trajectoires et chiffres locaux

Sur les sites d’orpaillage, les journées se déroulent sous une forte contrainte physique et environnementale : travaux manuels pénibles, exposition aux intempéries, campements rudimentaires et procédures d’extraction parfois artisanales et dangereuses. Raoul décrit un environnement où la sécurité est limitée et où les tâches exigent endurance et disponibilité face à des employeurs qui imposent souvent des conditions strictes.

La présence d’intermédiaires étrangers, mentionnée par certains travailleurs, complique la situation. Selon des témoignages recueillis, des encadreurs non locaux coordonnent des chantiers où les marges de manœuvre des travailleurs sont réduites. Les risques incluent accidents liés à l’usage d’engins, effondrements, ainsi que des problèmes de santé associés à l’exposition prolongée à la poussière et, parfois, à des produits chimiques.

Malgré ces contraintes, le retour de quelques anciens ouvriers nourrit l’imaginaire collectif : achats de biens immobiliers, véhicules et deux-roues servent de vitrines de réussite réelle ou supposée. Ces exemples alimentent le bouche-à-oreille et encouragent d’autres départs, même si la réussite n’est ni garantie ni uniformément répartie entre les travailleurs.

Sur le plan quantitatif, les estimations locales évoquent des flux importants depuis les communes du nord : des dizaines voire des centaines de jeunes auraient rejoint les zones minières transfrontalières. Dans certaines localités, des recensements informels font état d’une cinquantaine de chantiers et d’une dizaine de travailleurs par site, ce qui, selon ces sources, porte le nombre total au-delà des chiffres officiels

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05:03 Au-delà des hommages, le contexte
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