Jean‑Luc Reichmann sur Jean‑Luc Delarue : « Il avait une double vie, deux visages »
Jean-Luc Reichmann a livré en 2020 une lecture sans équivoque de la trajectoire contrastée qu’il partage avec Jean-Luc Delarue, figure marquante des années 1990 et 2000 décédée à 48 ans. Dans un entretien accordé à Gala, l’animateur des 12 Coups de midi a souligné leurs différences de posture publique, de gestion de la célébrité et de choix personnels, revenant sur des épisodes de sa vie qui ont façonné son rapport à l’image et à l’authenticité.

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Les deux animateurs ont évolué à la même époque et ont connu le succès sur des chaînes concurrentes, mais, selon Reichmann, leurs approches de la notoriété divergeaient profondément. Delarue, présenté comme un « enfant prodige » de la télévision, a imposé une manière nouvelle de traiter les sujets et a bénéficié d’une image très appréciée par le public et les professionnels. Reichmann, de son côté, affirme avoir construit une carrière en restant fidèle à lui-même, refusant certaines normes esthétiques et choix de mise en scène qui lui étaient proposés.
Dans l’entretien, Reichmann oppose sa cohérence personnelle à ce qu’il perçoit comme une certaine dualité chez Delarue. Il évoque sans agressivité une différence de rapport à la représentation publique : « Rester fidèle à soi-même n’a pas de prix. Quand j’étais plus jeune, la mode à la télé était au gendre idéal. Les gens adoraient Jean‑Luc Delarue. On se connaissait. Lui, il avait une sorte de double vie, deux visages. Ça l’épatait toujours que, pour ma part, je ne me dissimule pas. »
Trajectoires personnelles et choix assumés
Reichmann a également abordé des aspects de son comportement privé qui expliquent, selon lui, ce positionnement. Il affirme avoir toujours assumé une ligne de conduite claire face aux tentations et aux habitudes de l’époque, précisant qu’il n’a « pas touché » à la drogue au-delà d’une expérience adolescente. « J’ai dû fumer deux taffes d’herbe à l’adolescence et ça m’a rendu malade », a-t-il confié, se démarquant ainsi des récits liés aux années finales de Delarue, marquées par des problèmes d’addiction.
La volonté d’authenticité que revendique Reichmann trouve ses racines dans son histoire personnelle. Il revient sur une blessure de jeunesse : une tache sur le nez qui lui a valu des moqueries et un malaise durable quand un professeur l’a désigné en classe. Il évoque aussi la présence d’une sœur de dix ans sa cadette, atteinte de surdité profonde, et le poids de la lutte pour l’acceptation des différences dans sa famille.
Ces expériences l’ont conduit à refuser, à l’âge de 35 ans, les propositions de maquillage destinées à masquer sa tache pour l’écran. Après quelques mois, il a renoncé à cette pratique parce qu’il ne s’y reconnaissait plus : « À 35 ans, seulement, on m’a proposé d’animer un jeu en maquillant ma tâche. Mais au bout de six mois, un an, je n’en pouvais plus qu’on la masque. Je ne me reconnaissais pas. J’ai refusé le make-up… C’est passé »

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