Jack Lang hausse le ton face à Apolline de Malherbe sur BFMTV
La publication par le ministère américain de la Justice de nouveaux documents relatifs à l’affaire Jeffrey Epstein a entraîné des répercussions jusque dans les milieux politiques et culturels français : les noms de Jack Lang, ancien ministre de la Culture et actuel président de l’Institut du monde arabe (IMA) à Paris, et de sa fille aînée, Caroline, figurent dans cette nouvelle diffusion de pièces. Les éléments publiés évoquent des liens financiers entre la famille Lang et l’homme d’affaires américain. Interrogé publiquement, Jack Lang a reconnu ses relations passées avec Epstein tout en excluant toute démission de ses fonctions à l’IMA.

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Selon les déclarations publiques de l’ex-ministre lors d’entretiens radiophoniques et télévisés, il maintient n’avoir pas connu Jeffrey Epstein comme un « prédateur sexuel ». Invité sur RTL Matin, Jack Lang a expliqué que la rencontre s’était faite par l’intermédiaire de Woody Allen et qu’au moment des faits il n’avait pas eu d’indices laissant supposer l’existence d’un réseau criminel. Il a également invoqué son ignorance des suites judiciaires américaines, en particulier la condamnation de 2008 évoquée par ses interlocuteurs.
Les documents publiés comprennent, parmi d’autres éléments, un courriel de Jeffrey Epstein adressé à Jack Lang mentionnant l’initiation des enfants à la religion et aux « nouvelles sexualités », formulation que l’ancien ministre dit découvrir aujourd’hui. Face aux questions de la presse, il affirme ne pas connaître ce courriel et se dit « blanc comme neige » si la justice française devait être saisie du dossier.
Jack Lang contesté mais maintenu à la tête de l’IMA
Sur BFMTV, Jack Lang a rejeté toute idée de démission à la tête de l’Institut du monde arabe, se disant soutenu par « des milliers de messages » et assurant que l’institution « est plus solide que jamais ». Il a qualifié sa position vis-à-vis des liens passés avec Epstein de « naïveté », admettant en public : « je suis sans doute un pauvre naïf, un pauvre innocent, un pauvre débile… », tout en précisant n’avoir « jamais » eu connaissance des crimes sexuels reprochés à Epstein. Il a décrit l’homme qu’il a côtoyé comme « un autre que le criminel que l’on décrit aujourd’hui », utilisant l’image de « Dr Jekyll et Mr Hyde ».
La question des aspects financiers a été au centre des échanges. Jack Lang affirme n’avoir « jamais reçu le moindre centime de Monsieur Epstein », et soutient que sa fille Caroline n’a pas non plus perçu d’argent. Mediapart a pointé, selon l’enquête citée, la création en 2016 par Caroline d’une société offshore aux îles Vierges américaines avec Jeffrey Epstein ; elle a depuis démissionné d’un syndicat de producteurs. Jack Lang a expliqué que la structure créée en 2016 avait été montée par un administrateur et dissoute en 2019, et il a décrit sa fille comme « remarquable, passionnée par le cinéma, par l’art », en reconnaissant une forme d’imprudence de sa part.
Par ailleurs, l’ancien ministre a admis avoir sollicité un financement de 57 897 dollars pour un film associatif sur les « années Lang-Mitterrand », défendant cette démarche comme de la recherche de mécénat et déclarant : « Solliciter un mécène, ce n’est quand même pas un délit ».

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