Inès de la Fressange : à Tarascon, sa stratégie du permis provençal lui a coûté cher
Le 11 août 2026, Inès de la Fressange, ancienne égérie de Chanel et figure reconnue de la mode française, fête ses 69 ans. Installée depuis plusieurs années entre Paris et la Provence, la mannequin-entrepreneuse voit son attachement pour la région marqué par une affaire judiciaire retentissante liée à un mas situé dans la Montagnette, à Tarascon : une annexe bâtie sans permis sur un site naturel protégé a été condamnée à la démolition après plusieurs décisions de justice.
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Originaire de Saint-Tropez, Inès de la Fressange a découvert la Camargue à l’âge de 30 ans, au moment de sa rencontre avec le père de ses enfants. Elle a souvent décrit son attachement à Tarascon et à la Provence, adoptant un mode de vie loin du rythme parisien, fréquentant les marchés locaux et appréciant la cuisine et les traditions régionales. Son mas provençal, décoré avec des meubles chinés, des tissus rayés et des céramiques locales, a été repensé par l’architecte Marcelo Joulia pour créer des espaces lumineux et sobres.
Malgré cet attachement, un litige immobilier a émergé autour d’une annexe de 100 m² édifiée en contrebas de la maison principale, près de la piscine. La construction a été réalisée par une SCI dirigée par la propriétaires sans permis de construire, sur une zone classée d’intérêt écologique, floristique et faunistique (ZNIEFF) de la Montagnette, soumise à des règles strictes de protection du milieu naturel.
Procédures judiciaires et démolition
Les travaux ont été signalés à des associations locales, et l’affaire a donné lieu à plusieurs décisions judiciaires. Le juge des référés de Tarascon a ordonné la démolition de l’annexe, décision confirmée ensuite par la cour d’appel d’Aix-en-Provence. Les magistrats ont relevé des défrichements et des mouvements de terrain sur ce site protégé, caractérisant un « trouble manifestement illicite » et ordonnant la remise en état sous peine d’une astreinte fixée à 300 euros par jour.
L’association ADER, à l’origine de la procédure, a dénoncé une pratique qualifiée de « stratégie du permis provençal », selon laquelle des constructions seraient réalisées en espérant une régularisation a posteriori. Le président de l’association a déclaré que l’on constatait souvent des tentatives de post-regularisation sur des sites protégés, ciblant autant des propriétaires privés que des personnes influentes.
Face à la procédure, le maire de Tarascon a reçu les avocats d’Inès de la Fressange et de son compagnon, Denis Olivennes, pour examiner d’éventuelles régularisations. Les conseils de la SCI ont pour leur part dénoncé des intrusions par drones et des « insultes » relayées dans la presse. Finalement, la bâtisse litigieuse, décrite par la défense comme un édifice couvert de pierre sèche et de végétation, a été rasée conformément aux décisions judiciaires.
Parallèlement à ce contentieux, une ancienne gouvernante employée sur la propriété avait saisi les prud’hommes pour des motifs de travail dissimulé et licenciement abusif. Les parties ont clos ce dossier par un accord à l’amiable dont les termes sont restés confidentiels.
Malgré ces procédures, Inès de la Fressange reste liée à la Provence et partage aujourd’hui son temps entre Paris et d’autres résidences qu’elle indique avoir régularisées.


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