Guinée : Mama Sango affirme 0% de «trucs bizarres» dans son karité

Le karité, dont le fruit donne une noix récoltée à l’état sauvage, est exploité à la fois par l’industrie agroalimentaire — notamment pour des préparations chocolatées — et par le secteur cosmétique. Cette oléagineuse sert aussi de source de revenus pour des femmes en Afrique, qui assurent la collecte et la transformation. En France, la Guinéenne Zéna Barry a lancé une gamme de produits, Mama Sango, reposant sur du beurre de karité originaire de Guinée.

ECONOMIE
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Zéna Barry et son époux
<span>Baumes à base de karité Mama Sango</span> <span>© Frédéric Garat</span>
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Installée dans le centre de la France, dans le Berry, Zéna Barry, formée en droit des affaires en France, présente ses cosmétiques et produits alimentaires au Salon du bien-être à Paris. Elle s’appuie sur un approvisionnement provenant notamment de la Haute-Guinée et de villages liés à sa famille maternelle. Le nom de la marque rend hommage à sa grand-mère.

Ayant constaté la présence de karité industriel extrait par des procédés qu’elle juge discutables et une valorisation insuffisante des produits artisanaux, elle a créé Mama Sango en 2011 pour permettre aux collectrices de tirer un revenu de leur travail. La marque affirme n’utiliser aucun additif douteux dans ses préparations.

On formule nos produits

Avant le lancement commercial, Zéna Barry a constitué une équipe comprenant une toxicologue et une aromatologue, puis mené quatre années de recherche et développement aboutissant à la validation d’une cinquantaine de formules. Les approvisionnements sont achetés chaque année aux productrices, qui définissent elles-mêmes le prix, procédé présenté comme du commerce équitable. La transformation et la fabrication ont lieu dans un laboratoire situé à Argenton-sur-Creuse, dans le Berry.

Les volumes traités ont fortement augmenté : de 5 kilos importés en 2011, la production est passée à plusieurs tonnes par an. Près de 300 femmes en Guinée interviennent aujourd’hui dans les opérations de récolte, de séchage, de décorticage et de barattage du beurre de karité. L’agroéconomiste Anaïs Chotard, du cabinet Nitidae, confirme la montée en valeur de cette filière sur le marché international.

Le karité est de plus en plus demandé comme matière grasse végétale, notamment parce qu’il peut remplacer le beurre de cacao dans certains produits chocolatés en Europe. En Afrique, les acteurs de production développent des stratégies pour encourager la transformation locale. Chaque année, environ 500 000 tonnes de noix de karité sont exportées du continent ; la tonne de beurre est estimée à 1 500 dollars, et la demande reste en hausse. À son échelle, Zéna Barry plaide pour une structuration de la filière en Guinée.

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