Guinée équatoriale : le pape Léon XIV appelle au «droit» et à la «justice»
Le pape Léon XIV a posé le pied en Guinée équatoriale mardi 21 avril, dernière étape d’un déplacement africain. Sa présence dans ce petit État, où il doit séjourner trois jours, comprendra des rencontres avec les responsables politiques et religieux, des échanges avec des acteurs culturels, ainsi que des visites, notamment d’un établissement psychiatrique et d’une école baptisée au nom de son prédécesseur François, décédé il y a tout juste un an.

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La Guinée équatoriale, profondément marquée par la foi catholique, compte près de trois habitants sur quatre se déclarant catholiques au sein d’une population d’environ deux millions de personnes. Léon XIV est arrivé à Malabo en milieu de journée et a été accueilli par les autorités locales, un tapis rouge et une fanfare, avant d’être présenté au chef de l’État, Teodoro Obiang Nguema.
Le président a qualifié la visite de « moment important » pour le pays, la première d’un souverain pontife depuis celle de Jean‑Paul II en 1982. Dans un discours en espagnol adressé aux dirigeants nationaux, le pape a évoqué la figure de son prédécesseur et a rappelé la responsabilité des autorités à traduire en actes les attentes collectives en matière de liberté, de justice et de dignité. Il a invité le gouvernement à « réexaminer » les possibilités de se placer sur la scène internationale au service du droit et de la justice.
Au cours de ce séjour, le pape devra ménager ses propos face à un pouvoir exécutif très affirmé et une longévité politique remarquable. Il a pointé le creusement d’un fossé entre une toute petite minorité — évaluée à environ 1 % de la population — et la majorité des citoyens, alors que le pays est régulièrement confronté à des pratiques de corruption profondément ancrées.
Visibilité médiatique et tensions sociales
Lors de la cérémonie protocolaire figurait Teodorin Obiang, vice‑président et fils du chef de l’État, connu pour son mode de vie ostentatoire largement partagé sur les réseaux sociaux, dans un pays où une grande part de la population vit sous le seuil de pauvreté. Teodorin a déjà été condamné en 2019 en France pour des faits de blanchiment et de détournement de fonds publics.
Après les formalités, le pape a traversé à pied le centre de Malabo, protégé par un important dispositif de sécurité. Entouré de centaines de fidèles, son visage, d’abord grave, s’est éclairci au contact de la foule lors de ce temps fort populaire.
Au fil des prochaines journées, son emploi du temps prévoit des rencontres institutionnelles et pastorales, ainsi que des rendez‑vous avec des acteurs de la société civile et du monde culturel, qui permettront de mesurer l’écho de ses messages dans un pays aux enjeux politiques et sociaux sensibles.



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