Éthiopie : les rebelles Fano annoncent une alliance avec le Front de libération du peuple du Tigré

Le chef de la milice amhara Fano, Zemene Kassie, affirme que plusieurs groupes armés opposés au pouvoir fédéral éthiopien veulent coordonner leurs actions pour renverser le Premier ministre Abiy Ahmed. Cette initiative inclurait un rapprochement inédit avec des factions tigréennes, pourtant ennemies des combattants amharas durant la guerre civile de 2020 à 2022.

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Zemene Kassie a annoncé ces nouvelles alliances dans un entretien accordé samedi 15 août au quotidien suisse Le Temps. Le chef de Fano n’a pas détaillé la composition exacte de cette coalition ni son calendrier d’action, mais il a confirmé l’existence de discussions avec des forces armées actives dans plusieurs régions d’Éthiopie.

Parmi les groupes concernés figureraient des factions issues du Tigré, dans le nord du pays. Cette coopération reste toutefois présentée, à ce stade, par les informations disponibles comme une alliance politique et militaire annoncée par Fano, sans qu’un accord formel ou une structure de commandement commune n’ait été rendu public.

Des anciens ennemis réunis contre le pouvoir fédéral

Le rapprochement est considéré comme significatif par Yohannes Woldemariam, spécialiste de l’Éthiopie et de la Corne de l’Afrique à l’Université du Colorado, aux États-Unis. Selon lui, les combattants amharas et tigréens ont décidé de mettre de côté leurs différends territoriaux pour faire du gouvernement d’Abiy Ahmed leur principal adversaire.

Entre 2020 et 2022, les forces amharas avaient combattu aux côtés de l’armée fédérale contre les forces du Front de libération du peuple du Tigré. Le conflit, déclenché après l’intervention militaire du gouvernement dans la région du Tigré, aurait fait jusqu’à 600 000 morts selon certaines estimations, un bilan qui n’a pas pu être établi de manière exhaustive.

L’accord de Pretoria, signé en novembre 2022, avait permis de mettre fin aux principales opérations militaires. Il n’a toutefois pas réglé l’ensemble des différends entre les communautés tigréenne et amhara, notamment autour de territoires disputés dans le nord de l’Éthiopie.

Pour Yohannes Woldemariam, cette convergence pourrait représenter une menace sérieuse pour Addis-Abeba. L’analyste estime qu’une coordination durable entre groupes armés de plusieurs régions pourrait provoquer de nouveaux affrontements et avoir des répercussions au-delà des frontières éthiopiennes.

Il accuse par ailleurs le Parti de la prospérité, au pouvoir, de chercher à alimenter les tensions entre Amharas et Tigréens. Cette affirmation relève de l’analyse du chercheur et n’a pas été étayée par des éléments indépendants dans les informations disponibles.

Le gouvernement fédéral n’a pas, dans le cadre de cette annonce, communiqué de détails sur l’ampleur de l’alliance revendiquée par Fano. Les modalités de la coopération entre les différents groupes armés, ainsi que leur capacité à mener des opérations coordonnées contre les autorités centrales, restent donc incertaines.

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