En Tunisie, la condamnation à la prison du président de l’association des magistrats passe mal
En Tunisie, la condamnation à un an de prison de Me Anas Hmaidi, président de l’Association des magistrats tunisiens, est perçue par ses confrères comme un avertissement adressé aux juges qui ont pris position contre certaines mesures de l’exécutif. Cette lecture a été donnée lors d’une conférence de presse tenue le vendredi 10 avril 2026.

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Présent dans la salle, Me Hmaidi est resté silencieux ; ce sont ses collègues qui ont pris la parole pour exposer les motifs de la condamnation et les contestations qu’elle suscite au sein de la profession.
Aïcha Ben Belhassen, vice‑présidente de l’association, a rappelé que la structure, active depuis les années 1990, s’est imposée comme l’une des rares voix en faveur de l’indépendance judiciaire depuis la suppression du Conseil supérieur de la magistrature en 2022. Elle a également souligné l’opposition de Me Hmaidi à la décision politique de l’année 2022 ayant entraîné la révocation de 57 magistrats.
Les juges présents expliquent que la condamnation retenue contre Me Hmaidi — qualifiée d’atteinte à la liberté du travail — s’inscrit selon eux dans un dossier à coloration politique, entaché, d’après leurs observations, d’irrégularités procédurales.
Procédure contestée et réactions nationales et internationales
Mohamed Ben Meftah, autre magistrat de l’association, a pointé du doigt la façon dont l’affaire a été traitée, évoquant une procédure « non naturelle » et une succession de transferts d’instance qui jettent le doute sur la régularité du dossier.
Selon Aïcha Ben Belhassen, la documentation et les prises de position publiées par l’association ont été utilisées comme éléments à charge, illustration selon elle d’une volonté d’ingérence de l’exécutif dans les affaires judiciaires.
Plusieurs organisations de défense des droits et instances professionnelles, dont la Ligue tunisienne des droits de l’homme et l’Union internationale des magistrats, ont dénoncé la sentence et estimé qu’elle portait atteinte à l’État de droit, appelant à un examen attentif des procédures entourant cette affaire.



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