Crèmes éclaircissantes : le mercure interdit circule encore sur les marketplaces
Plus de vingt références figurant sur des listes de produits éclaircissants au mercure étaient encore proposées en ligne début septembre. Le risque tient aussi à un détail trompeur, la substance peut être absente de l’étiquette.

Plus de vingt crèmes éclaircissantes figurant sur des listes d’interdiction pour présence de mercure étaient encore proposées en ligne début septembre, selon une enquête de Reuters publiée le 16 septembre 2026. Le constat mérite l’attention parce que le mercure n’apparaissait pas sur les étiquettes des références repérées.
Au 1er septembre, ces références étaient accessibles sur les marketplaces américaines d’Amazon, Temu et TikTok Shop, ainsi que sur des places de marché Amazon en France, en Inde, aux Émirats arabes unis et en Belgique, selon Reuters. L’agence n’a pas retesté chimiquement chaque exemplaire acheté, mais les références concernées avaient déjà été identifiées par des autorités ou organismes de contrôle. Amazon, Temu et TikTok ont indiqué interdire ces produits et prendre des mesures pour retirer les annonces signalées.
Le problème persiste malgré un cadre international durci. La Convention de Minamata sur le mercure interdit les cosmétiques ajoutant du mercure, dont les savons et crèmes destinés à éclaircir la peau. Le Programme des Nations unies pour l’environnement souligne pourtant que ces produits continuent d’être promus et vendus sur Internet, notamment lorsque des vendeurs changent de nom, d’image ou de présentation après un retrait.
Sur le plan sanitaire, l’Organisation mondiale de la santé associe l’exposition au mercure à des atteintes possibles des reins et du système nerveux, ainsi qu’à des problèmes cutanés. L’OMS signale aussi un risque particulier pendant la grossesse et pour le développement de l’enfant. Ces effets concernent l’exposition au mercure lui-même et ne permettent pas de conclure qu’une crème éclaircissante est dangereuse en l’absence d’analyse de sa composition.
La Food and Drug Administration américaine recommande de surveiller plusieurs appellations sur les étiquettes, notamment « mercurous chloride », « calomel », « mercuric », « mercurio » ou « Hg ». Mais l’enquête de Reuters montre justement la limite de cette vérification, les produits repérés ne déclaraient pas le mercure parmi leurs ingrédients. Une étiquette incomplète, un fabricant introuvable, un vendeur sans traçabilité ou un produit déjà cité dans une alerte sanitaire doivent donc peser davantage qu’une promesse de résultat rapide.
L’enjeu touche directement l’Afrique. L’OMS indique que les produits éclaircissants contenant du mercure restent utilisés dans plusieurs pays africains, asiatiques et caribéens. Le Gabon a notamment participé à un programme international mené avec l’OMS, le PNUE et le Fonds pour l’environnement mondial afin de mieux encadrer le marché, renforcer les contrôles et réduire l’exposition.
Le 5 mai 2026, l’OMS a publié un outil destiné aux pays pour mieux comprendre les ressorts sociaux et commerciaux de ces pratiques. Cet outil avait été lancé le 25 février à Panama City lors d’un atelier réunissant des représentants de ministères de la Santé et de l’Environnement de plusieurs pays.



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