Côte d’Ivoire : les planteurs de cacao en colère après la fixation du prix bord champ à 1 200 F CFA
En Côte d’Ivoire, l’annonce gouvernementale relative au prix « bord champ » du cacao pour la campagne intermédiaire a provoqué un profond refroidissement chez les producteurs. Après avoir bénéficié d’un prix exceptionnel de 2 800 francs CFA le kilo lors de la campagne principale, ceux-ci voient désormais le cours retenu baisser à 1 200 francs CFA par kilo.

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Cette réduction, qui représente près de six fois moins que le tarif élevé enregistré précédemment, est justifiée par l’État par un repli des cotations internationales. Pour de nombreux planteurs, la réalité du terrain rend difficile l’acceptation de cette explication au lendemain de l’annonce.
Sur le terrain, c’est la consternation. Les petits producteurs, dont les revenus dépendent étroitement des recettes de la vente du cacao, s’inquiètent de voir fondre leurs marges alors que les charges de production — engrais, main-d’œuvre, transport — restent inchangées, sinon en hausse. Plusieurs évoquent la crainte de ne plus pouvoir rembourser des crédits contractés pour l’entretien des parcelles.
Pour certains agriculteurs, la décision s’apparente à une rupture d’équilibre : après une saison où le prix avait atteint un sommet, cette chute brutale confronte des ménages à des choix difficiles, notamment réduire les dépenses, vendre moins ou abandonner des investissements indispensables pour la prochaine récolte.
Colère, appel aux soutiens et incertitudes
Au-delà de l’indignation, des voix demandent des mesures de compensation. Syndicats de paysans et coopératives réclament la mise en place de filets de protection ou d’aides temporaires pour amortir le choc. D’autres estiment qu’il serait urgent d’instaurer des mécanismes de lissage des prix afin que les producteurs ne subissent pas à eux seuls la volatilité des marchés mondiaux.
Plusieurs planteurs pointent également du doigt les intermédiaires et la chaîne d’approvisionnement : ils demandent davantage de transparence sur la formation des prix et sur la part réellement perçue par chaque maillon. La baisse annoncée alimente des craintes de hausse des tensions sociales dans les zones de production si la situation n’évolue pas rapidement.
Enfin, cette annonce ravive des débats plus larges sur la diversification des revenus ruraux et la résilience des exploitations familiales. Certains producteurs envisagent déjà de diversifier leurs cultures ou de réduire l’intensité des travaux pour limiter les coûts, ce qui pourrait, à moyen terme, peser sur la production ivoirienne si la baisse des prix se prolonge.

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