Côte d’Ivoire : le silence du gouvernement sur l’affaire Epstein inquiète le PDCI-RDA
À Abidjan, le mutisme des autorités ivoiriennes sur l’affaire Jeffrey Epstein, impliquant selon certains documents des personnalités proches du pouvoir, suscite de vives interrogations. Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), principal parti d’opposition, a fait part de sa préoccupation dans un communiqué publié ce mardi 17 février 2026.

Le 30 janvier dernier, le ministère américain de la Justice a rendu publics des documents détaillant le réseau d’exploitation sexuelle de mineurs dirigé par le financier américain Jeffrey Epstein. Parmi les milliers de documents publiés, certains citeraient des personnalités influentes en Afrique, proches des cercles du pouvoir à Abidjan.
Selon le quotidien Le Monde, les documents montrent des liens présumés entre Nina Keita, nièce du président Alassane Ouattara, et Epstein. L’ancienne mannequin, désormais en poste à Abidjan, aurait présenté au financier de jeunes filles, ainsi que des figures du monde politique et économique ivoirien.
Le PDCI-RDA ne porte pas d’accusation directe, mais réclame des clarifications. « Le gouvernement ne peut pas se retrancher derrière le silence ou invoquer la rumeur. Lorsqu’il s’agit de soupçons liés à l’exploitation sexuelle de mineurs, l’exigence morale est absolue », écrit le parti. Il demande notamment si l’État ivoirien était informé du passé judiciaire de Jeffrey Epstein, condamné aux États-Unis en 2008-2009 pour des infractions sexuelles sur mineures, pendant que des contacts auraient eu lieu avec lui ou son réseau vers 2011-2012.
Le PDCI-RDA insiste sur la nécessité de faire toute la lumière. « Dans une République digne de ce nom, la protection des enfants prime sur toute considération politique. Si les faits sont faux, qu’on le démontre aux Ivoiriens. S’ils sont vrais, aucune protection politique ne doit empêcher la justice », poursuit le communiqué.
Le parti d’opposition s’interroge également sur les accords d’assistance sécuritaire signés avec des partenaires étrangers, particulièrement pour la surveillance des communications téléphoniques et numériques. Dans un contexte où ces technologies ont parfois été utilisées pour espionner opposants et journalistes, la question posée est : « Ces outils servent-ils la sécurité nationale ou le contrôle politique des citoyens ? »

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