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Côte d’Ivoire : Apoutchou National risque 7 ans de prison et 240 millions d’amende pour blanchiment de capitaux

À Abidjan, le ministère public a requis le mardi 24 mars 2026 des peines lourdes contre l’influenceur et artiste Apoutchou National et son co-accusé Lionel Pcs : sept ans d’emprisonnement ferme et une amende de 240 millions de francs CFA. Le dossier, qui porte sur des faits de blanchiment de capitaux et d’infractions liées aux jeux et transferts d’argent sur les réseaux électroniques, mobilise également des demandes de dommages importants formulées par l’État et la Loterie nationale de Côte d’Ivoire (LONACI).

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Côte d'Ivoire Apoutchou National risque 7 ans de prison pour blanchiment de capitaux
Côte d’Ivoire Apoutchou National risque 7 ans de prison pour blanchiment de capitaux
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Les prévenus, arrêtés en novembre 2024 après la diffusion d’une vidéo montrant Apoutchou National exhibant une importante somme d’argent liquide, avaient obtenu une liberté provisoire assortie d’interdictions de sortie du territoire. Apoutchou National est identifié à l’état civil comme Stéphane Agbré. L’affaire a pris une tournure judiciaire prononcée avec des réquisitions publiques déposées devant le tribunal chargé de l’instruction.

Outre les peines demandées contre Apoutchou National et Lionel Pcs, le parquet a requis trois ans de prison ferme et une amende de 500 millions de francs CFA contre un homme d’affaires impliqué dans la même procédure. L’État, partie civile, réclame une indemnisation à hauteur de 2 milliards de francs CFA, tandis que la LONACI demande réparation pour un préjudice évalué à 1 milliard de francs CFA.

Réquisitions et qualifications juridiques invoquées

Les poursuites engagées contre les prévenus portent sur plusieurs infractions précisées par le dossier : violations de la réglementation des relations financières extérieures, blanchiment de capitaux, prise de paris illicites via les réseaux de communication électronique et transfert d’argent lié à des jeux d’argent non autorisés. Ces faits sont instruits au regard de textes nationaux et régionaux.

Le ministère public s’appuie sur la loi n°2014-134 du 24 mars 2014 relative aux infractions à la réglementation des relations financières extérieures des États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), en invoquant notamment les articles 4, 5, 6, 9, 14, 21, 23, 25, 26 et 28. Sont également cités l’ordonnance n°2023-875 du 23 novembre 2023 traitant de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (articles 7, 9, 184, 187, 196, 199, 202), ainsi que la loi n°2013-451 du 19 juin 2013 relative à la lutte contre la cybercriminalité (articles 37 à 40 et 70).

Par ailleurs, l’Instruction du Gouverneur de la BCEAO n°233/07/2024, qui fixe le seuil pour le paiement d’une dette en espèces ou par instruments négociables au porteur, figure dans les éléments juridiques pris en compte par l’accusation. Ces références légales servent à établir la qualification pénale des actes reprochés aux prévenus et à fonder les réquisitions du ministère public.

Au cours de l’audience, les parties civiles ont présenté leurs demandes de réparation financière en se fondant sur les préjudices allégués. Le dossier reste porté devant les juridictions compétentes tandis que la Côte d’Ivoire, suivie par le Groupe d’action financière (GAFI), affirme son engagement dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme

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