Côte d’Ivoire : 8 500 sites d’orpaillage illégal déguerpis, le phénomène s’étend

Le Conseil national de sécurité a dressé le 23 juillet 2026 un bilan de la lutte contre l’orpaillage illégal depuis 2021. Malgré les opérations et les saisies, les autorités constatent une extension de l’activité dans le pays.

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Orpaillage clandestin en Côte d'Ivoire
Orpaillage clandestin en Côte d'Ivoire
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Le Conseil national de sécurité (CNS) de Côte d’Ivoire a annoncé, le 23 juillet 2026 à Abidjan, le déguerpissement de plus de 8 500 sites d’orpaillage illégal entre 2021 et le premier semestre 2026. Malgré ce bilan, l’institution affirme que l’activité clandestine persiste et s’étend sur le territoire national.

Sur la même période, le Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-LOI) a déféré 4 474 personnes devant la justice, dont 65 % d’étrangers, selon le communiqué officiel. Le document ne précise ni leur nationalité ni l’issue judiciaire des procédures.

Les opérations ont également abouti à la saisie de plus de 960 millions de francs CFA et d’environ 136 kilogrammes d’or, ainsi qu’à la confiscation ou à la destruction de divers engins et matériels. Le CNS présente ces données comme un bilan « non exhaustif » du Groupement créé en 2021.

Ces chiffres décrivent l’action des autorités et ne constituent pas une estimation de l’ensemble de l’or extrait ou commercialisé clandestinement. Le communiqué ne chiffre pas non plus les pertes fiscales ni les volumes qui auraient échappé aux saisies.

Le gouvernement appelé à renforcer la riposte

Le président Alassane Ouattara a chargé le Premier ministre de renforcer la réponse de l’État. Les mesures annoncées comprennent la responsabilisation des autorités locales et des forces de sécurité, l’application de l’arsenal juridique aux personnes physiques ou morales impliquées et l’augmentation des capacités opérationnelles du GS-LOI.

Le CNS demande aussi une collaboration accrue avec les représentations diplomatiques des pays d’origine des orpailleurs étrangers, afin de renforcer la sensibilisation et d’organiser le rapatriement des ressortissants impliqués. Une communication gouvernementale sur l’application du dispositif répressif doit être préparée en Conseil des ministres.

Radio France Internationale, dans un reportage publié le 25 juillet 2026, a recoupé les principaux chiffres du communiqué et rapporté que l’orpaillage clandestin continuait de gagner du terrain. Les autorités ivoiriennes classent le phénomène parmi les menaces touchant à la fois l’environnement, la sécurité nationale et l’économie.

Des dégâts à cartographier

Le ministère ivoirien de l’Environnement indiquait en février 2026 que 29 des 31 régions du pays étaient affectées par l’orpaillage illégal. Il a lancé à Daoukro, avec l’Abidjan Legacy Program et l’appui financier de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, un projet destiné à cartographier et à réhabiliter les terres dégradées.

Une autre initiative de cartographie et de restauration des sites clandestins a été lancée en mai 2026 à Bouaflé, dans la région de la Marahoué, avec l’ONG Agir pour l’environnement dans les industries extractives. Elle doit identifier les zones prioritaires et préparer des actions de réhabilitation des écosystèmes touchés.

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