Corée du Sud : l’essor de l’IA pourrait ajouter 25 à 30 GW à la demande électrique
La Corée du Sud anticipe une forte hausse de sa consommation d’électricité sous l’effet des puces et des centres de données d’intelligence artificielle. Le gouvernement prépare une nouvelle feuille de route énergétique à l’horizon 2040, avec la question de nouveaux réacteurs nucléaires au centre des arbitrages.

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La Corée du Sud pourrait voir ses besoins en électricité augmenter de 25 à 30 gigawatts sous l’effet de l’essor de l’intelligence artificielle, alors que Samsung Electronics, SK Hynix et plusieurs opérateurs accélèrent leurs projets de semi-conducteurs et de centres de données. Le ministre du Climat, de l’Énergie et de l’Environnement, Kim Sung-whan, a chiffré cette pression supplémentaire dans un entretien publié mardi 8 septembre par Reuters.
Cette hausse liée à l’IA viendrait s’ajouter aux besoins provoqués par l’électrification des transports et du chauffage. Séoul doit présenter en octobre une mise à jour de sa stratégie énergétique de long terme, prolongée jusqu’en 2040, qui devra notamment trancher la question d’éventuels nouveaux réacteurs nucléaires.
Kim Sung-whan n’a pas avancé de nombre de centrales supplémentaires, estimant que le sujet restait à l’étude. Il a toutefois présenté le nucléaire comme un élément incontournable à prendre en compte dans le futur mix électrique. À titre de comparaison, 25 à 30 GW représenteraient environ la capacité de vingt réacteurs sud-coréens actuels si cette demande additionnelle était couverte uniquement par l’atome.
La Corée du Sud exploite actuellement 26 réacteurs nucléaires, qui fournissent un peu moins d’un tiers de son électricité. Le charbon représente environ 29 % du mix et le gaz 27 %, tandis que les renouvelables comptent pour près de 11 %.
Le changement d’échelle vient surtout des investissements annoncés dans les infrastructures numériques. Cette poussée accompagne aussi l’adaptation des technologies de semi-conducteurs aux grandes puces destinées aux centres de données. Fin juin, les autorités ont présenté un vaste programme associant SK, GS Group et Naver pour porter la capacité nationale des centres de données d’IA à 8,4 GW dans une première phase, puis à 18,4 GW à l’horizon 2035. Samsung et SK Hynix ont, de leur côté, accéléré leurs projets industriels liés aux puces, indispensables aux systèmes d’IA.
Le nucléaire revient au centre de la stratégie énergétique
La prochaine feuille de route doit donc concilier trois contraintes : alimenter les nouvelles infrastructures numériques, réduire la place du charbon et maintenir un réseau suffisamment stable pour les industries très consommatrices d’électricité. La Corée du Sud prévoit de sortir progressivement du charbon d’ici 2040, même si certains sites pourraient être conservés comme réserve de sécurité.
Le gouvernement veut aussi augmenter la part des renouvelables, mais le ministre estime que le recours au nucléaire restera difficile à éviter à court et moyen terme. Une enquête de l’Agence coréenne de l’information et de la culture énergétiques, citée par Reuters, indique que 79 % des 2 000 personnes interrogées soutiennent l’intégration de nouvelles centrales nucléaires dans la future feuille de route.
Cette orientation ne fait pas l’unanimité. À Ulsan, considérée comme l’un des sites possibles pour de nouvelles installations, un collectif citoyen a recueilli en mai plus de 10 000 signatures contre de nouveaux réacteurs, invoquant les risques liés à la sûreté nucléaire.
Les centres de données deviennent un enjeu industriel
Le gouvernement sud-coréen cherche parallèlement à répartir davantage les centres de données hors de la région de Séoul afin de limiter la concentration de la demande électrique. Les autorités ont annoncé des soutiens sur le foncier, les raccordements au réseau, les systèmes de refroidissement et les équipements nationaux destinés aux centres de calcul.
Kim Sung-whan a également indiqué que plusieurs groupes technologiques américains, dont Nvidia, avaient manifesté un intérêt pour l’installation de centres de données en Corée du Sud, attirés notamment par la fiabilité du réseau électrique. Les arbitrages attendus en octobre devront préciser comment cette nouvelle demande sera absorbée entre nucléaire, renouvelables, gaz et renforcement des infrastructures de transport d’électricité.



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