Chine : L’étrange rebond des cours du pétrole malgré une offre excédentaire
Au début de 2026, le cours du pétrole a surpris les marchés en remontant autour de 70 dollars le baril, alors que la prévision dominante laissait attendre un pétrole proche de 50 dollars. Une combinaison de tensions géopolitiques, de ruptures logistiques et d’une demande asiatique robuste a poussé les cours à la hausse en quelques semaines, entraînant des réactions fortes sur les marchés à terme et des repositionnements massifs des investisseurs.

SOMMAIRE
Le consensus de fin 2025 reposait sur une offre mondiale excédentaire et une détente durable des prix. Les événements des premières semaines de l’année ont cependant inversé cette trajectoire. Des menaces de durcissement des sanctions américaines contre l’Iran, dans un contexte d’isolement continu de la Russie, ont relancé une prime de risque géopolitique. Selon des estimations relayées par des banques internationales, ce facteur aurait pu ajouter jusqu’à 10 dollars au baril.
Parallèlement, les marchés ont constaté une répartition inégale des surplus d’offre. Plutôt que de gonfler les stocks visibles dans les centres de stockage traditionnels de l’OCDE, une part significative des volumes excédentaires demeure localisée ou en transit, notamment des cargaisons russes et iraniennes. Cette configuration réduit l’effet rediscountant attendu d’un excédent global.
Demande asiatique, perturbations d’offre et flux financiers
La Chine a joué un rôle déterminant dans ce réalignement des prix. En décembre, ses importations ont atteint un niveau record, dépassant 13 millions de barils par jour, et des autorités et opérateurs évoquent des acquisitions soutenues pour enrichir des stocks stratégiques — des achats estimés à environ 300 000 barils par jour pour 2026 selon des sources proches du dossier. L’Inde, pour sa part, a renforcé ses approvisionnements hors Russie, se tournant vers le Moyen-Orient, l’Afrique de l’Ouest et l’Amérique latine, ce qui modifie la dynamique régionale des flux commerciaux.
Sur le plan financier, le retournement des positions a été abrupt. Les ventes à découvert sur le Brent, qui avaient atteint des pics fin 2025, ont été progressivement couvertes et remplacées par des positions longues. Les contrats à terme ont enregistré une progression proche de 15% depuis début janvier, marquant la plus forte hausse mensuelle depuis 2022 pour certains segments du marché.
Les interruptions de production ont également pesé. Des incidents au Kazakhstan et en Libye ont réduit l’offre effective, tandis qu’une tempête hivernale majeure aux États-Unis a temporairement stoppé jusqu’à 2 millions de barils par jour de capacités, tout en augmentant la demande domestique pour le chauffage. Ces chocs conjugués ont contribué à la fragilisation d’un marché où l’équilibre physique est devenu plus difficile à établir.
Enfin, l’activité des algorithmes de trading a amplifié la volatilité. Le passage rapide de stratégies baissières à des stratégies haussières a renforcé les mouvements de prix à la hausse, mais impose un risque de correction rapide si les flux fondamentaux devaient se normaliser.
L’OPEP+ maintient pour l’heure une production stable

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