Centrafrique : le parti de François Bozizé veut retrouver sa place sur la scène politique
Le parti Kwa Na Kwa (KNK), fondé par l’ancien président centrafricain François Bozizé, réorganise ses structures pour remobiliser ses militants et revenir sur le devant de la scène nationale. Après treize années marquées par les divisions, l’inactivité et l’absence des élections générales de 2020 et 2025, la formation veut reconstruire ses antennes à travers le pays.

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Depuis octobre 2025, le KNK a engagé un processus de relance politique. Le parti entend reprendre ses activités et se préparer à participer de nouveau à la vie publique, avec l’ambition affichée de reconquérir le pouvoir.
« Un parti existe pour conquérir le pouvoir, pour participer au développement. Tout dépend de la capacité de notre travail et de l’adhésion du peuple », a déclaré Elie Ouéfio, président intérimaire du KNK. Selon lui, la formation est désormais en train de se réorganiser sur l’ensemble du territoire centrafricain.
Un parti affaibli depuis la chute de François Bozizé
Le KNK a traversé une longue période de recul après la chute de François Bozizé en 2013. Plusieurs de ses cadres ont quitté le pays, tandis que des tensions internes ont contribué à désorganiser le parti et à réduire sa présence dans le débat politique national.
Certains responsables liés à la formation ont également été associés à des tentatives de déstabilisation de la Centrafrique, notamment dans le cadre de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), créée en 2020. Cette coalition rebelle avait lancé une offensive contre le pouvoir avant les élections présidentielle et législatives de décembre 2020.
Absent des scrutins généraux de 2020 et de 2025, le KNK cherche désormais à reconstruire sa base militante. La direction intérimaire met en avant l’unité et le dialogue pour rassembler ses membres et réinstaller des structures locales opérationnelles.
« Sans unité, nous ne pouvons rien faire. Il faut que la sécurité revienne pour permettre aux parents de l’arrière-pays d’aller aux champs », a insisté Elie Ouéfio. Le responsable estime qu’une meilleure cohésion politique permettrait également de répondre aux problèmes de développement du pays.
François Bozizé jugé par contumace
La relance du KNK intervient alors que François Bozizé, président de la Centrafrique de 2003 à 2013, vit en exil en Guinée-Bissau. Il est jugé par contumace devant la Cour pénale spéciale de Bangui dans le cadre d’un procès portant sur des accusations de crimes contre l’humanité.
L’ancien chef de l’État conteste les faits qui lui sont reprochés par l’intermédiaire de ses avocats. La procédure judiciaire, distincte de la réorganisation du KNK, intervient alors que le parti tente de renouer avec ses militants et de retrouver une place dans la compétition politique centrafricaine.


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