Bénin : une démission attendue dans le gouvernement de Patrice Talon

Avec l’installation de la 10ᵉ législature et la mise en place des commissions permanentes à l’Assemblée nationale du Bénin, l’élection de Eléonore Yayi Ladékan à la tête d’une commission clé relance la question de son maintien au gouvernement. Avec la règle d’incompatibilité prévue dans le code électoral, sa démission apparaît probable, tandis que le sort des autres ministres élus reste en suspens.

POLITIQUE
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Patrice Talon, président de la République depuis le 6 avril 2016
Patrice Talon, président de la République depuis le 6 avril 2016
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Au Palais des Gouverneurs, les députés de la nouvelle législature ont installé les organes du Parlement lors d’une séance présidée par Joseph Djogbénou. Les groupes parlementaires de l’Union Progressiste le Renouveau et du Bloc Républicain ont été constitués, avant la désignation des membres des commissions permanentes.

Plusieurs figures ont été reconduites à la tête de commissions stratégiques, notamment Orden Alladatin aux Lois et Gérard Gbénonchi aux Finances. Mais c’est surtout l’élection d’Éléonore Yayi Ladékan à la présidence de la Commission de l’Éducation, de la culture, de l’emploi et des affaires sociales qui attire l’attention politique.

Une responsabilité parlementaire qui rend la démission probable

Ministre de l’Enseignement supérieur au moment de son élection comme députée, Éléonore Yayi Ladékan vient désormais d’assumer une fonction majeure au sein de l’Assemblée nationale. Dans le système institutionnel béninois, le cumul entre mandat parlementaire actif et fonction gouvernementale n’est pas compatible.

En acceptant de diriger une commission permanente, elle confirme de fait son choix de siéger pleinement au Parlement. La loi impose en effet à tout député en situation d’incompatibilité de se démettre de ses fonctions dans un délai de trente jours après l’installation. À défaut, la sanction est claire : la démission d’office du mandat parlementaire.

Dans ce contexte juridique, son départ du gouvernement apparaît comme l’option la plus probable. Une telle évolution poserait néanmoins la question de la continuité des réformes engagées dans l’enseignement supérieur, un secteur qu’elle a piloté pendant plusieurs années.

Les autres ministres élus : une situation encore floue

Au total, quatre ministres ont été élus députés lors des législatives du 11 janvier 2026. Il s’agit notamment de Abdoulaye Bio Tchané, d’Alimatou Shadiya Assouman et de Jean-Michel Hervé Abimbola, en plus d’Éléonore Yayi Ladékan.

Contrairement à cette dernière, leur position n’est pas encore clairement définie. Tous disposent du délai légal d’un mois prévu par le Code électoral pour choisir entre leurs fonctions ministérielles et leur mandat parlementaire. Leur décision est donc attendue dans les prochaines semaines, autour de la mi-mars.

La possible démission d’Éléonore Yayi Ladékan relance le débat sur un éventuel réaménagement gouvernemental. Toutefois, face à la presse, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji avait affirmé qu’un remaniement n’était pas envisagé à court terme, estimant qu’il ne serait pas opportun de bouleverser l’équipe exécutive à l’approche de l’élection présidentielle du 12 avril 2026.

« L’Assemblée sera installée le 8 février. Ils ont un mois pour choisir, nous sommes autour du 7 mars. L’élection aura lieu le 12 avril …Est-ce que, pour vous, ce serait pertinent, pour deux mois, de faire un remaniement et de nommer de nouvelles personnes ? », a-t-il déclaré.

Selon lui, les ministres élus disposent simplement d’un délai légal pour choisir leur trajectoire politique, en concertation avec le chef de l’État.

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