Bénin : le gouvernement s’explique sur l’absence du parti Les Démocrates à l’Assemblée nationale
Interpellé sur l’absence du parti Les Démocrates au Parlement malgré un score national estimé à 16 %, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a défendu la cohérence du système électoral béninois. Dans une longue mise au point, il a rejeté toute idée d’anomalie démocratique et estimé que les résultats traduisent fidèlement la volonté populaire exprimée dans les urnes.

La question de la non-représentation du parti Les Démocrates à l’Assemblée nationale continue de susciter des débats dans l’opinion publique. Face aux critiques et aux interrogations sur la légitimité d’un Parlement sans élus issus de cette formation politique d’opposition, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a apporté des éclaircissements détaillés, en s’appuyant sur le cadre légal en vigueur et sur des comparaisons internationales.
Réagissant à l’idée selon laquelle un parti crédité de 16 % des suffrages devrait nécessairement avoir des députés, il a pris l’exemple du système électoral américain, souvent cité mais, selon lui, insuffisamment expliqué au grand public.
« Quand aux États-Unis, on fait la présidentielle et que vous avez un candidat qui remporte le suffrage populaire, parfois avec des millions de voix d’avance sur son challenger, mais qu’il n’a pas réussi à remporter des États pour emporter les grands électeurs à l’arrivé, il perd », a t-il déclaré.
À ses yeux, ce type de situation démontre que la démocratie ne se résume pas à une addition de voix, mais repose sur des règles précises, librement adoptées par chaque pays. Il regrette d’ailleurs que ces réalités soient peu vulgarisées par les médias.
« Ils ont un système où, quand vous allez à la présidentielle, le système voudrait que celui qui gagne un des États fédérés emporte les grands électeurs qui représenteront cet État-là. Et il est déjà arrivé, même dans les années récentes, je vois en 2000, le candidat démocrate qui a remporté le suffrage populaire et qui n’a pas été élu parce que le républicain a eu le plus grand nombre de grands électeurs », a expliqué le secrétaire général adjoint du gouvernement.
Rejetant catégoriquement l’idée d’une « anomalie démocratique », le porte-parole affirme que ce mécanisme est pleinement assumé par les citoyens américains eux-mêmes. « Demandez aux Américains, ils ne vous diront pas que c’est une anomalie démocratique. Non, du tout. En 2016 encore, c’est arrivé ». Il concède néanmoins que tout système électoral peut faire l’objet de débats et d’évolutions dans le temps, rappelant qu’aucune loi n’est immuable.
Revenant au cas béninois, Wilfried Léandre Houngbédji rappelle que la législation impose des conditions strictes de représentativité territoriale, notamment l’obtention d’au moins 20 % des suffrages dans chacune des 24 circonscriptions électorales pour prétendre à des sièges au Parlement.
« Nous avons un modèle qui voudrait qu’il faut avoir au moins 20% dans chacune des 24 circonscriptions électorales pour avoir des députés », a t-il rappelé. Selon lui, le parti Les Démocrates n’a pas rempli cette exigence essentielle.
Wilfried Léandre Houngbédji conclut en affirmant que les résultats issus des législatives reflètent sans ambiguïté le choix des électeurs. « La volonté populaire est celle qui s’est manifestée et les électeurs ont placé l’UPR, le BR en tête, suivi de LD, de FCBE et puis de Moelle Bénin pour parler des législatives » a t- il martelé.

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