Bénin : le duo Hounkpè-Houwanou veut rebâtir la fierté béninoise par son projet de société
À l’approche du scrutin présidentiel du 12 avril 2026, le paysage politique béninois s’est animé autour de la publication du projet de société du parti Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE). Le document, rédigé par le ticket Paul Hounkpè–Judicaël Houwanou, s’étend sur 56 pages et se présente comme une feuille de route visant à redéfinir les priorités publiques.

SOMMAIRE

Intitulé « Rebâtir ensemble la fierté béninoise », le texte propose un diagnostic détaillé des fragilités nationales et avance des mesures visant à modifier les pratiques de gouvernance actuelles. Les auteurs mettent en avant la nécessité de restaurer la confiance entre les institutions et les citoyens, qu’ils estiment érodée.
Sur l’éducation, le projet préconise une refonte administrative avec la mise sous une même tutelle ministérielle de tous les niveaux d’enseignement, de la maternelle à l’université, pour harmoniser politiques pédagogiques et gestions. Il contient également des dispositions ciblées pour la situation des enseignants, notamment le reclassement des Aspirants au Métier d’Enseignant (AME) dans la fonction publique et le rétablissement de l’élection des doyens par leurs pairs.
Le volet social et sanitaire annonce des prises en charge pour des populations vulnérables : gratuité ou subvention pour les dialysés et mesures en faveur des personnes âgées, ainsi qu’un renforcement des conditions de travail des relais communautaires de santé.
Axes principaux du projet
Sur le plan économique, le projet propose l’organisation d’une conférence nationale économique destinée à redéfinir la répartition des ressources et à spécialiser les régions selon leurs atouts agricoles ou industriels. Cette approche s’accompagne d’orientations pour relancer des infrastructures jugées stratégiques.
Parmi les priorités d’aménagement figurent la relance du réseau ferroviaire, la création d’une compagnie maritime nationale, la mise en service effective de l’aéroport de Tourou et la poursuite des travaux de Glo‑Djigbé, ciblant à la fois la mobilité intérieure et les connexions internationales.
La culture occupe une place importante : création d’un fonds de soutien aux artistes assorti d’un contrôle annuel, révision de la loi relative à la chefferie traditionnelle et projet de construction d’un musée consacré aux masques, avec l’ambition de valoriser le patrimoine immatériel comme levier économique.
Les mesures dédiées à la jeunesse incluent la promotion de l’auto‑emploi, la création d’un institut pour la jeunesse et des programmes de formation professionnelle destinés à la réinsertion des personnes sorties de détention.
Sur le plan politique et des libertés publiques, le texte avance des propositions pour apaiser le climat national : libération de détenus politiques, retour des exilés, révision des lois électorales contestées et renforcement de la liberté de la presse avec la réouverture des médias fermés et un accès à Internet à moindre coût, ainsi qu’une réforme des modes de désignation des présidents de juridiction afin de réduire les interférences de l’Exécutif



Commentaires