Bénin -Communales 2026: déjà des actions judiciaires de contestation
À peine les urnes refermées et alors même que la Commission électorale nationale autonome n’a pas encore livré les premiers chiffres officiels, la bataille judiciaire s’est invitée dans le processus électoral.

Saisie de cinq recours introduits par des responsables locaux de partis de la mouvance présidentielle, la Cour suprême du Bénin a tranché. Tous ont été déclarés irrecevables.
En effet, le vendredi 16 janvier 2026, à Porto-Novo, la chambre administrative de la Cour suprême siégeait dans une atmosphère studieuse. Pendant que l’opinion publique attend toujours la publication des grandes tendances du double scrutin du 11 janvier, certains acteurs politiques ont tenté d’anticiper le calendrier judiciaire. Une initiative jugée précipitée par la haute juridiction.
Les requêtes examinées visaient des zones électoralement sensibles. À Porto-Novo, des responsables de l’Union progressiste le Renouveau, dont le maire sortant Charlemagne Yankoti, contestaient les chiffres issus de 26 quartiers. À Akpro-Missérété, le Bloc républicain remettait en cause la compilation des résultats dans l’arrondissement de Zoungomè, par la voix de Barthélémy Adjigbonon. À Toffo, dans l’arrondissement de Damè, les griefs prenaient une tournure plus grave, avec des accusations de manœuvres frauduleuses et de corruption d’électeurs portées par un responsable de base de l’UP-R.
Face à ces contestations, la position de la CENA a été constante. Son conseil a rappelé que la Commission n’avait encore proclamé aucun résultat officiel et qu’il était juridiquement impossible de contester un acte inexistant. Le parquet général, par la voix de l’avocat général Jacques Hounsou, a abondé dans le même sens.
Pour le ministère public, le contentieux électoral obéit à une chronologie stricte. Le juge n’est saisi qu’après la proclamation des résultats, jamais pendant leur compilation.
Après délibération, la formation présidée par le professeur Ibrahim Salami a déclaré les cinq recours irrecevables pour précocité. Le motif retenu renvoie à un principe fondamental du droit électoral. Sans résultats proclamés, il n’existe aucun grief juridiquement constitué. Les préjudices invoqués restent hypothétiques et ne peuvent fonder une action contentieuse.
Cette décision ne clôt pas le débat judiciaire. Elle en fixe simplement le tempo. Les requérants devront attendre la publication officielle des résultats par la CENA avant, le cas échéant, de saisir à nouveau la justice dans le respect des

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