Au Togo, croissance en hausse et moral en baisse
Au Togo, les indicateurs macroéconomiques récents affichent des signes de redressement tandis que la majorité de la population perçoit la situation comme négative : selon une enquête d’Afrobaromètre, 62 % des Togolais estiment que le pays va dans la mauvaise direction (une hausse de 11 points depuis 2021) et 63 % jugent la situation économique « assez mauvaise » ou « très mauvaise », estimant une détérioration au cours des 12 derniers mois.

SOMMAIRE
Sur le plan des comptes nationaux, les données officielles pour 2024 montrent une croissance robuste : le produit intérieur brut (PIB) réel a progressé de 6,48 % et le PIB nominal a atteint 6 458,1 milliards FCFA, une dynamique portée notamment par les investissements publics, les travaux d’infrastructures et le secteur des services. Parallèlement, la trajectoire de l’inflation s’est nettement infléchie, passant de 3,5 % en 2023 à 1,2 % en 2024, un niveau qualifié de particulièrement bas dans le contexte régional.
Les autorités ont également poursuivi une politique d’assainissement budgétaire : le déficit public a été ramené de 6,6 % du PIB en 2023 à 5,5 % en 2024, une évolution présentée comme visant à préserver la soutenabilité de la dette et à se rapprocher des normes de convergence régionales, tout en consolidant la crédibilité du pays auprès des investisseurs et partenaires financiers. Malgré ces éléments macroéconomiques favorables, le ressenti des ménages reste contrasté et l’enquête souligne un climat d’inquiétude persistant.
Un contraste marqué entre chiffres macroéconomiques et perception sociale
Le sondage d’Afrobaromètre met en lumière un décalage manifeste entre performances macroéconomiques et perception du quotidien. L’organisation panafricaine, spécialisée dans les enquêtes sur la démocratie, la gouvernance et la qualité de vie, relève que la part des citoyens jugeant le pays sur une mauvaise trajectoire a augmenté notablement depuis 2021, tandis que la majorité considère la situation économique comme s’étant aggravée au cours de l’année écoulée.
Les chiffres publiés sur la croissance et l’inflation décrivent un tableau de stabilisation du cadre macroéconomique qui, en théorie, devrait contribuer à restaurer le pouvoir d’achat et soutenir l’activité. Néanmoins, l’enquête ne précise pas les mécanismes précis par lesquels ces gains macroéconomiques devraient bénéficier à l’ensemble des ménages, ni les délais nécessaires pour que ces effets se matérialisent dans le ressenti quotidien des citoyens.
La réduction du déficit public et le maintien d’une inflation faible constituent des éléments factuels susceptibles d’améliorer la soutenabilité des finances publiques et l’attractivité pour les investisseurs. Afrobaromètre note cependant que ces avancées ne suffisent pas à dissiper l’inquiétude d’une large part de la population, qui continue d’évaluer négativement la situation nationale et économique.
Enfin, l’étude mentionne un élément de résilience dans l’opinion : près de 47 % des personnes interrogées anticipent une amélioration de la situation économique dans l’année à venir. Publié le 02/03/26 et signé Dr Ange Ponou, le rapport confronte ainsi des indicateurs macroéconomiques favorables à un sentiment public encore majoritairement pessimiste

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