Un nouveau cadre de prévision pour renforcer la crédibilité macroéconomique
Le 26 janvier 2026, le ministre de l’Économie gabonais, Thierry Minko, a reçu une délégation d’experts d’AFRITAC Centre, le centre d’assistance technique du Fonds monétaire international pour l’Afrique centrale, afin d’évaluer l’avancement d’un nouveau Modèle de Projection Macroéconomique (MPM) et d’une analyse de viabilité de la dette destinés à renforcer la lisibilité et la crédibilité des prévisions budgétaires du Gabon.

SOMMAIRE
Engagés depuis juillet 2024, ces travaux visent à concevoir un outil de prévision adapté aux spécificités structurelles et sectorielles du Gabon, tout en consolidant les capacités analytiques des services de l’État chargés des finances publiques. Le MPM doit permettre d’améliorer la qualité des hypothèses macroéconomiques — croissance, recettes pétrolières et non pétrolières, trajectoire des dépenses — et de formaliser des scénarios de politique économique pour orienter la préparation et l’exécution du budget.
Parallèlement, l’analyse de viabilité de la dette (Debt Sustainability Analysis, DSA) a pour objet d’évaluer les risques associés aux engagements publics, d’identifier les vulnérabilités externes et intérieures et d’appuyer la définition de trajectoires d’endettement soutenables dans un contexte de ressources contraignantes.
Enjeux techniques et institutionnels
Le recours à AFRITAC Centre relève d’une assistance technique distincte d’un quelconque programme financier du FMI. Ce type d’appui vise essentiellement à moderniser les cadres de modélisation macroéconomique, à renforcer les outils de suivi de la dette publique et à améliorer les procédures de gouvernance budgétaire, sans conditionnalité liée à un soutien financier immédiat.
Les autorités gabonaises font face à un environnement extérieur moins favorable : une récente dégradation de la note souveraine par l’agence Fitch, des tensions sur le marché régional de la dette et la persistance d’arriérés intérieurs accentuent les contraintes de financement et exercent une pression sur la trésorerie publique. Dans ce contexte, des modèles de prévision plus robustes et des analyses plus détaillées de la viabilité de la dette sont présentés par les spécialistes comme des outils indispensables pour mieux gérer les arbitrages budgétaires et documenter les positions budgétaires.
Les experts d’AFRITAC ont mis l’accent sur la nécessité de consolider les bases de données macroéconomiques et de normaliser les méthodes de travail afin de réduire l’écart entre les engagements formels pris par l’administration et leur exécution effective. L’effort porte également sur la transmission de compétences aux services nationaux, y compris la conception de modules de formation et l’accompagnement méthodologique pour l’utilisation opérationnelle du MPM et l’interprétation des résultats de la DSA.
La réunion du 26 janvier 2026 a constitué une étape de suivi des travaux techniques lancés en juillet 2024 ; les échanges ont porté sur l’état d’avancement des livrables, les ajustements méthodologiques requis pour tenir compte des données nationales et les modalités de validation interne du modèle et de l’analyse de viabilité de la dette

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