Togo : Lomé détaille les poursuites contre deux réalisateurs français arrêtés fin juillet

Dans son premier communiqué sur l'affaire, le gouvernement togolais affirme que les poursuites visant Gaël Mocaër, Sebastian Perez Pezzani et leur collaborateur Fred Vedomey portent sur des irrégularités administratives et sécuritaires relevées lors d'un tournage dans le nord du pays.

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Une vue aérienne de Lomé, au Togo, en juin 2021. Photothek via Getty Images - Ute Grabowsky
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Le gouvernement togolais a détaillé samedi 22 août les poursuites pour « fausses déclarations » engagées contre les réalisateurs français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani ainsi que leur collaborateur togolais Fred Vedomey, arrêtés le 27 juillet au marché de Matchatom, dans la préfecture de la Binah, au nord du Togo. Dans un communiqué conjoint, les ministères de la Sécurité et de la Justice affirment que la justice dispose d’« indices graves et concordants » et soutiennent que l’affaire porte sur le respect des règles administratives et sécuritaires, et non sur le contenu du documentaire qu’ils tournaient.

Selon ce texte, les trois hommes travaillaient sur un épisode de l’émission « Les Routes de l’impossible », produite par Tony Comiti Productions pour France Télévisions. Les autorités indiquent qu’ils ont été conduits à Lomé le 4 août avec leur matériel, puis qu’une enquête a été ouverte à la demande du procureur après les premiers constats de la police judiciaire.

Le gouvernement soutient que l’autorisation de tournage invoquée par l’équipe, datée du 19 juin 2026, avait été délivrée au seul nom de Fred Vedomey et ne couvrait pas plusieurs localités où le tournage a ensuite été mené, notamment Matchatom, Guérin-Kouka et Mango. Les ministères ajoutent qu’un drone aurait été utilisé sans déclaration préalable et rappellent que certaines zones survolées relèvent d’un dispositif de sensibilité sécuritaire particulière dans le nord du pays.

Toujours selon le communiqué, les trois intéressés ont été présentés au parquet le 17 août, entendus en présence de leur avocat puis inculpés du chef de « fausses déclarations » avant d’être placés sous mandat de dépôt. Lomé affirme qu’ils bénéficient de l’assistance d’un conseil, d’un appui consulaire français et du droit de communiquer avec leurs familles, tout en invoquant la présomption d’innocence et le secret de l’instruction.

Dans un communiqué distinct publié le 19 août, la Haute Autorité de régulation de la communication écrite, audiovisuelle et numérique (HARC) a assuré n’avoir reçu aucune demande d’accréditation concernant les deux Français ni de la part de France Télévisions. Le régulateur rappelle que l’article 20 du Code de la presse impose aux correspondants et envoyés spéciaux de médias étrangers de solliciter une accréditation préalable.

Reporters sans frontières, relayée notamment par l’Associated Press, conteste pour sa part la procédure et demande la libération des trois hommes. L’organisation affirme qu’ils disposaient de visas de travail et d’une autorisation de tournage, tandis que les autorités togolaises maintiennent que les poursuites portent exclusivement sur les irrégularités administratives, réglementaires et sécuritaires relevées par l’enquête.

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