Algérie : après une série d’accidents de bus, les autorités accélèrent le renouvellement de la flotte

Après plusieurs accidents meurtriers, dont celui de Boumerdès fin juillet, les autorités algériennes accélèrent le retrait des autobus de plus de 30 ans et préparent l’activation du chronotachygraphe pour mieux contrôler la vitesse et le temps de conduite.

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Baie d'Alger vue depuis la Casbah
La baie d’Alger vue depuis la haute Casbah. RFI/Alice Milot
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Les autorités algériennes ont accéléré début août le renouvellement du parc de transport public de voyageurs après plusieurs accidents meurtriers impliquant des bus, dont celui de Boumerdès le 31 juillet. Selon un communiqué du ministère de l’Intérieur publié le 7 août, le programme porte sur l’acquisition de 10 000 autobus, tandis qu’une réunion tenue le 19 août sous l’autorité du ministre Saïd Sayoud a relancé les préparatifs liés au chronotachygraphe, un appareil destiné à mesurer la vitesse et le temps de conduite.

Le drame de Boumerdès, le plus meurtrier de la série récente, a d’abord fait 25 morts et 44 blessés selon un bilan provisoire communiqué le 31 juillet par les autorités, avant que le procureur général de la cour de Boumerdès ne fasse état le 8 août de 28 morts et 36 blessés. Selon les résultats préliminaires de l’enquête rapportés par TSA, l’autocar transportait 64 passagers pour une capacité de 51 places, roulait à 121,63 km/h sur une portion limitée à 60 km/h et présentait des défaillances du système d’aide au freinage.

Dans le même communiqué du 7 août, le ministère de l’Intérieur indique que M. Sayoud a également demandé d’engager l’application des dispositions du Code de la route relatives aux tests de dépistage de l’alcool et des substances altérant les capacités mentales et physiques des conducteurs. Les autorités ont présenté ces mesures comme un levier pour réduire le nombre d’accidents de la circulation.

Le renouvellement du parc ne se limite pas à un cadre national. À Alger, la direction des Transports a fixé au 21 août la date limite de dépôt des dossiers pour les exploitants d’autobus de 30 ans ou plus figurant sur la liste établie par la wilaya. Selon ce rappel relayé le 17 août par Algérie Eco, 42 transporteurs étaient concernés dans la capitale et la première phase du programme vise le retrait de 5 400 autobus de plus de 30 ans à l’échelle du pays.

Contrôles renforcés

Le 19 août, Saïd Sayoud a présidé une réunion spécifique sur l’activation et l’exploitation du chronotachygraphe à bord des véhicules de transport de voyageurs et des poids lourds, selon APS qui cite un communiqué du ministère. Cet équipement doit permettre de contrôler plus étroitement la vitesse et les temps de conduite, alors que les autorités cherchent à encadrer davantage le transport collectif après les accidents récents.

Selon le ministère, le gouvernement veut désormais faire avancer en parallèle le remplacement des véhicules les plus anciens, les contrôles de dépistage prévus par le Code de la route et la mise en service des outils techniques de surveillance. Dans plusieurs wilayas, les services concernés ont déjà commencé à récupérer les documents administratifs des autobus visés par la réforme, selon le rappel publié à Alger sur la procédure de renouvellement.

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