Tchad : l’opposition conteste l’interprétation de la grâce présidentielle accordée à Succès Masra

Le vice-Premier ministre Limane Mahamat a affirmé que la grâce ne vaut pas amnistie et pose des conditions pour diriger un parti. Les bénéficiaires, réunis au sein de l'ex-GCAP, dénoncent une tentative de les écarter de la vie politique.

POLITIQUE
66 vues
L’ancien Premier ministre de transition, Succès Masra
L’ancien Premier ministre de transition, Succès Masra
2 min de lecture
Google News Commenter

SOMMAIRE

Le vice-Premier ministre tchadien chargé de l’Administration du territoire, Limane Mahamat, a déclaré jeudi 20 août que la grâce présidentielle accordée le 14 août à l’ancien Premier ministre Succès Masra et à huit autres personnalités de l’ex-Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP) n’est pas « synonyme de pardon légal effaçant une peine ».

Selon Limane Mahamat, diriger un parti politique suppose de remplir certaines conditions, dont « la jouissance des droits civiques et politiques ». Une déclaration perçue par les membres de l’ex-GCAP comme une tentative de les empêcher de reprendre la direction de leurs formations.

Réunis en conférence de presse vendredi 21 août, les responsables de la coalition ont rejeté cette lecture. « Le vice-Premier ministre […] aurait dû avoir la décence et l’humilité […] de ne pas verser dans l’amalgame », a déclaré Max Kemkoye, président de l’Union des démocrates pour le développement et le progrès, l’un des huit graciés aux côtés de Succès Masra.

M. Kemkoye a fait valoir que la grâce n’est assortie d’aucune peine accessoire, une disposition qui, selon lui, ne s’applique qu’en matière criminelle, notamment en cas de détournement de fonds publics. « Nous, les leaders du GCAP, nous ne sommes pas poursuivis pour crimes, nous sommes d’abord poursuivis pour des délits », a-t-il souligné, en référence à l’article 11 de la Charte des partis politiques invoqué par le gouvernement.

Un avis juridique qui va dans le sens de l’opposition

L’analyse de Max Kemkoye a été partiellement confirmée le 18 août par l’avocat Djerandi Laguerre, ancien bâtonnier de l’ordre des avocats du Tchad. Selon lui, les poursuites visées avaient été requalifiées en délit et non en crime, ce qui limite l’application automatique de peines accessoires.

Le président Mahamat Idriss Déby Itno avait gracié les neuf personnalités le 14 août, une décision saluée par plusieurs partis proches du pouvoir, dont le RNDT-Le Réveil, comme un signal d’apaisement politique.

À NE PAS MANQUER

Commentaires

FIL D'ACTU
20:19 Ligue 1 : le RC Lens domine l’AJ Auxerre 5-2 pour ses débuts en championnat