Mali : après quatre mois de détention, Mohamed el-Béchir témoigne de son enlèvement à Kati
L'homme, qui a depuis quitté le pays, affirme avoir été détenu près du Monument de la paix à Bamako. Son témoignage s'ajoute à une série de disparitions forcées documentées par l'ONU et des organisations de défense des droits humains au Mali.

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Enlevé le 8 mai 2025 à Kati, près de Bamako, par des hommes cagoulés, Mohamed el-Béchir affirme avoir été détenu pendant quatre mois dans des conditions qu’il qualifie de « crimes de guerre » et de « crimes contre l’humanité », selon un témoignage filmé consulté par RFI. Il a depuis quitté le Mali.
Dans cette vidéo, il raconte en bambara les circonstances de son enlèvement : alors qu’il se trouvait avec des amis, un homme puis plusieurs hommes cagoulés l’ont saisi et jeté dans un véhicule qui a pris la direction de Bamako.
Il situe son lieu de détention « non loin » du Monument de la paix de Bamako, précisant avoir entendu depuis l’intérieur « des sifflements de policiers » et des « va-et-vient ». Il affirme avoir été témoin de personnes tombées malades ou mortes des suites de mauvais traitements, sans toutefois désigner formellement ses ravisseurs.
Une série de disparitions non élucidées
Son témoignage intervient dans un contexte de disparitions forcées répétées au Mali. L’avocat et opposant Mountaga Tall a été enlevé à son domicile de Bamako le 2 mai par des hommes cagoulés et reste, tout comme son fils enlevé peu après dans des conditions similaires, sans nouvelles. Des experts des Nations unies ont réclamé en février la localisation des personnes disparues au Mali, tandis qu’Amnesty International a exigé des autorités maliennes des clarifications sur le sort de Mountaga Tall.
Sorti du Mali, Mohamed el-Béchir dit vouloir continuer à témoigner et envisage d’écrire un livre sur son expérience.


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