Surya Bonaly : des garçons faisaient le backflip sur la glace

Surya Bonaly, icône du patinage artistique des années 1990 et célèbre pour avoir exécuté un backflip sur la glace en 1998, se retrouve de nouveau sous le feu des projecteurs après une interview accordée à Libération lors des Jeux olympiques d’hiver 2026. Dans cet entretien, la championne revient sur la genèse de cette figure interdite en compétition et sur son parcours marqué par des contraintes matérielles, des sanctions sportives et des épisodes de racisme.

CéLéBRITé
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“Plein de garçons le faisaient…”
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Née d’une adoption et élevée près de Nice, Surya Bonaly a grandi dans un environnement atypique : une bergerie retapée située à vingt kilomètres de la ville, où cohabitaient une vingtaine de chèvres, des chiens et d’autres animaux. Sa famille vivait « à la marge », sans eau ni électricité, et elle a suivi des cours à la maison tout en pratiquant la flûte et plusieurs disciplines sportives.

Très tôt, la jeune Surya se passionne pour la performance : danse, gymnastique, escrime mais surtout patinage artistique. Obsédée par la patineuse allemande Katarina Witt, elle reproduit inlassablement les figures vues aux Jeux de 1984. Ses parents adoptifs déménagent à Paris pour lui permettre de poursuivre sa vocation ; la famille survit dans des conditions précaires, vivant un temps dans une camionnette et entourée d’animaux. Surya s’entraîne principalement sous la direction de sa mère.

Du foyer modeste aux podiums : palmarès et controverses

Au fil des années, Surya Bonaly s’impose sur la scène nationale et internationale. À la fin de sa carrière, en 1998, elle compte notamment neuf titres de championne de France en individuel. Malgré ce palmarès impressionnant, son parcours sportif connaît des déconvenues, dont l’absence d’un titre olympique majeur et des épisodes de sanction, le plus médiatisé étant lié au salto arrière réalisé sur la glace.

Le backflip qu’elle exécute en 1998 fait exceptionnellement l’objet d’une sanction : à l’époque, cette figure est prohibée en compétition en raison de sa dangerosité. Le geste, spectaculaire et rare chez les patineurs, suscite à la fois admiration et controverse. Dans son interview pour Libération, Surya rappelle ses racines gymniques : issue du tumbling, elle a pratiqué le salto très tôt, au sol et sur la poutre, puis tenté la transposition sur glace en s’appuyant sur cette maîtrise antérieure.

Elle souligne aussi un élément souvent mis en avant pour relativiser la polémique : « Plein de garçons le faisaient, Robin Cousins, Scott Hamilton, Philippe Candeloro… Mais c’était le basique. » Cette déclaration replace son geste dans un contexte historique où quelques patineurs masculins avaient déjà expérimenté des sauts similaires, alors que sa réalisation par une femme restait exceptionnelle et lourdement sanctionnée.

Outre les questions sportives, le parcours de Surya Bonaly est jalonné d’injustices et d’épreuves personnelles. De son enfance modeste aux accusations et rumeurs entourant ses relations familiales et son entraînement, en passant par les manifestations de racisme qu’elle a dénoncées, la patineuse a construit une trajectoire singulière dans un milieu souvent perçu comme élitiste. Sa relation professionnelle et amicale avec Philippe Candeloro est également évoquée : les deux athlètes, issus de milieux modestes, se connaissent et leurs trajectoires se sont croisées au fil des années.

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