Retrouvailles à Lokossa autour de Wadagni: Michel Sodjinou, Chabi Yayi et Houndété main dans la main
Trois nnoms bien connus du parti de l’opposition Les Démocrates ont retenu l’attention du public ce mercredi à Lokossa lors du géant meeting du candidat Romuald WADAGNI.


La scène s’est jouée à Lokossa, ce mercredi 08 avril 2026, et elle n’a rien d’anodin. Autour de Romuald Wadagni, candidat de la mouvance à la présidentielle du 12 avril, trois figures politiques aux trajectoires entremêlées se sont affichées ensemble en public. Il s’agit de Éric Houndété, Chabi Yayi et Michel Sodjinou, plus connu sous le sobriquet d’Eblibou.
Cette image, à elle seule, résume une recomposition politique encore inachevée et profondément controversée.
Tous trois sont issus du parti d’opposition Les Démocrates. Mais depuis l’épisode décisif du parrainage confisqué, leurs chemins ont pris des directions radicalement différentes.
Michel Sodjinou est au cœur de la fracture. C’est lui qui, en retenant son parrainage, a empêché le candidat officiellement désigné par Les Démocrates de se présenter à l’élection présidentielle.
Un acte politique lourd de conséquences, vécu par beaucoup comme une rupture de loyauté.
Dans la foulée, Michel Sodjinou a rejoint la mouvance présidentielle, où il a été réélu député, scellant ainsi un basculement assumé.
Après lui, Chabi Yayi, alors responsable du bureau politique des Démocrates, a démissionné du parti, imitant son père, l’ancien président Boni Yayi. Quelques semaines plus tard, il annonçait publiquement son soutien à Romuald Wadagni.
Éric Houndété, lui, adopte une posture plus ambiguë. Toujours membre des Démocrates, il se revendique même président par intérim du parti, tout en soutenant ouvertement le candidat de la mouvance. Une posture qui entretient le flou, mais qui traduit aussi les tiraillements internes d’une opposition fragilisée.
Depuis la confiscation du parrainage qui a vu l’exclusion de Me Renaud Agbodjo à la présidentielle de 2026, c’est la première fois que ces trois acteurs apparaissent ensemble sur une même tribune.
À Lokossa, leur présence commune dépasse le simple cadre d’un meeting. Elle agit comme un symbole. Pour certains, celui d’un dépassement des querelles. Pour d’autres, celui d’une fracture consommée et assumée, où les lignes idéologiques ont cédé la place aux stratégies individuelles.
Quoi qu’on en pense, cette séquence marque un moment politique fort de la campagne. Elle rappelle que l’élection du 12 avril ne se joue pas seulement entre programmes et discours, mais aussi dans les non-dits, les ruptures et les alliances improbables qui redessinent, sous les projecteurs, le paysage politique béninois.



Commentaires