RDC : Kinshasa affirme avoir repris du terrain face aux Mobondo

Le gouvernement congolais affirme avoir obtenu la reddition de près de 600 combattants du groupe Mobondo et sécurisé plusieurs zones de l’ouest de la République démocratique du Congo. La menace reste toutefois présente, certains miliciens étant toujours retranchés dans la brousse.

DIPLOMATIE
22 vues
Est de la RDC: en Suisse, des avancées mais toujours pas d’accord entre Kinshasa et le groupe AFC/M23
Une patrouille de l'AFC/M23 dans les rues d'Uvira, dans l'Est de la RDC, le 13 décembre 2026. AFP - JOSPIN MWISHA
3 min de lecture
Google News Commenter

SOMMAIRE

Face à la presse lundi 17 août, le ministre délégué chargé des Anciens combattants, Éliezer Ntambwe, a assuré que les autorités avaient repris du terrain face aux Mobondo. Le groupe armé, apparu en 2022 dans le territoire de Kwamouth, dans la province du Maï-Ndombe, s’est ensuite étendu au Kwilu et au Kwango, jusqu’aux abords de Kinshasa.

La crise est née d’un conflit foncier opposant les communautés Teke et Yaka. Selon les chiffres communiqués par les organisations humanitaires, les violences ont fait plus de 5 000 morts et provoqué le déplacement d’environ 280 000 personnes. Le gouvernement congolais conteste toutefois l’idée d’une guerre intercommunautaire, et présente le conflit comme un différend foncier ayant dégénéré en affrontements armés.

Près de 600 redditions et 146 armes remises

Chargé par Kinshasa d’obtenir la reddition des combattants dans l’ouest du pays, Éliezer Ntambwe affirme que près de 600 ex-miliciens ont déjà été transférés à Kanyama Kasese, dans le sud-est de la RDC. Ils y suivent un processus de réinsertion encadré par le Service national.

Les autorités indiquent également que 146 armes ont été officiellement remises aux forces militaires. D’autres armes seraient encore en cours de centralisation, selon le ministre, qui n’a pas fourni de calendrier détaillé pour l’achèvement de l’opération.

Sur le terrain, 72 villages auraient été pacifiés. Le ministre assure aussi que les routes nationales RN1 et RN17 sont désormais praticables « sans crainte ». Ces déclarations n’ont pas été accompagnées, dans les informations disponibles, d’une évaluation indépendante de la situation sécuritaire dans les zones concernées.

La stabilisation de ces axes routiers constitue un enjeu important pour les populations déplacées et les échanges entre l’ouest du pays et Kinshasa. Les violences avaient en effet perturbé la circulation et accentué l’insécurité dans plusieurs territoires du Maï-Ndombe, du Kwilu et du Kwango.

Des combattants encore présents dans la brousse

Kinshasa reconnaît néanmoins que tous les combattants n’ont pas déposé les armes. Une partie des membres du groupe resterait dissimulée dans des zones difficiles d’accès. Pour obtenir de nouvelles redditions, le gouvernement privilégie actuellement les campagnes de sensibilisation plutôt qu’une offensive militaire ou l’ouverture de négociations secrètes.

La question des responsabilités reste également ouverte. Les autorités n’excluent pas la mise en place d’un mécanisme de justice transitionnelle reposant sur la réconciliation, tout en cherchant à prévenir la répétition des violences. Les modalités concrètes de cette éventuelle procédure n’ont pas encore été précisées.

Le gouvernement entend ainsi accompagner les redditions d’un processus de réinsertion et de retour à la paix. La persistance de combattants dans la région montre toutefois que la fin des affrontements ne peut pas encore être considérée comme acquise.

À NE PAS MANQUER

Commentaires

FIL D'ACTU
21:04 Mozambique : les travaux du poste-frontière à guichet unique de Ressano officiellement lancés