Pourquoi certains pays africains interdisent l’entrée aux citoyens américains

Le Mali et le Burkina Faso ont annoncé l’imposition d’un embargo réciproque complet sur les visas destinés aux ressortissants américains, une mesure présentée comme une réponse directe aux restrictions de visa instaurées par l’administration Trump le 16 décembre 2025. Les deux États, dirigés par des autorités militaires, expliquent appliquer le principe de réciprocité après l’extension par les États-Unis de contrôles d’entrée visant désormais 39 pays.

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Dans un communiqué, le ministère malien des Affaires étrangères a indiqué que, « avec effet immédiat », les conditions d’entrée applicables aux citoyens maliens seraient appliquées aux ressortissants des États‑Unis. Le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, Karamoko Jean‑Marie Traoré, a publié une déclaration comparable, invoquant la même logique de riposte diplomatique.

Ces annonces s’ajoutent à une série de mesures similaires prises par d’autres pays africains et sahéliens. Le Niger, également gouverné par les militaires, a annoncé l’interdiction de l’entrée aux citoyens américains, tandis que le Tchad avait déjà suspendu la délivrance de visas à la plupart des Américains début juin, à l’exception de certains officiels.

Contexte, motivation américaine et retombées régionales

La Maison Blanche a justifié l’élargissement des restrictions le 16 décembre par des motifs de « sécurité nationale », citant des défaillances dans le contrôle des antécédents, le partage d’informations, des taux élevés de dépassements de séjour et le refus de reprendre des nationaux expulsés. Le texte américain a aussi pris en compte la présence de groupes terroristes sur le territoire des pays évalués.

Parmi les 39 pays visés par des restrictions totales ou partielles figurent de nombreux États africains; selon les comptes rendus, 26 des pays affectés sont situés sur le continent. Outre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, des nations comme le Tchad, la Libye, la Somalie, le Soudan et la Syrie ont fait l’objet d’interdictions complètes ou de règles d’entrée très strictes.

Sur le plan sécuritaire, le Sahel est depuis plusieurs années confronté à la résurgence de violences menées par des groupes affiliés à al‑Qaïda et à l’organisation État islamique, provoquant des déplacements massifs de populations et fragilisant les capacités administratives de plusieurs États de la région.

Les tensions diplomatiques se déroulent dans un contexte de réorientation plus large de la politique américaine en Afrique: la fin effective du programme AGOA et la réduction substantielle de l’aide extérieure depuis début 2025 ont modifié les relations économiques et humanitaires; des organisations et autorités locales font état d’une aggravation des besoins, notamment sur les plans alimentaire et sanitaire.

Parallèlement, Washington a maintenu et intensifié certaines opérations militaires contre des groupes armés en Afrique: des frappes ont été menées contre des cibles liées à l’EI et à al‑Qaïda en Somalie cet automne, et des actions similaires ont visé des zones du nord‑ouest du Nigeria en coordination avec les autorités nigérianes, tandis que des différends narratifs persistent entre les gouvernements concernés et les États‑Unis

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