Nigeria–Afrique du Sud : le Parlement suspend ses visites officielles après les violences anti-migrants
Le Parlement nigérian a suspendu pour une durée indéterminée ses visites officielles en Afrique du Sud, invoquant les violences visant des migrants africains et la sécurité de ses ressortissants.

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Le Parlement nigérian a annoncé vendredi 11 septembre la suspension, pour une durée indéterminée, de ses visites officielles en Afrique du Sud, en réaction aux violences anti-migrants qui ont touché des ressortissants africains, dont des Nigérians. La mesure ajoute une nouvelle tension aux relations entre Abuja et Pretoria.
Selon une déclaration du greffier de l’Assemblée nationale, Kamoru Ogunlana, rapportée par Associated Press, le Parlement se dit préoccupé par les informations faisant état de Nigérians tués, blessés, déplacés ou contraints d’abandonner leurs activités et leurs biens lors de violences récurrentes en Afrique du Sud. La suspension concerne les engagements officiels du Parlement avec le pays.
La crise s’est aggravée depuis le début de l’année. Le ministère nigérian des Affaires étrangères avait condamné en juillet la mort de deux ressortissants en Afrique du Sud et organisé plusieurs opérations d’évacuation. Le 14 juillet, Abuja indiquait avoir déjà rapatrié 1 490 Nigérians touchés par les violences xénophobes.
De son côté, le gouvernement sud-africain affirme avoir renforcé la gestion migratoire et condamne les actes de vigilantisme ainsi que les violences contre les étrangers. Dans une mise à jour publiée le 8 septembre, Pretoria faisait état de près de 90 000 personnes rapatriées, tout en assurant que les opérations de contrôle de l’immigration devaient rester encadrées par la loi et le respect des droits humains.
Des relations bilatérales sous pression
Les tensions entre les deux pays ne sont pas nouvelles. En mai, le Nigeria avait convoqué le haut-commissaire sud-africain par intérim après des manifestations visant des étrangers. Abuja a depuis multiplié les démarches diplomatiques pour demander une meilleure protection de ses ressortissants et une réponse régionale aux violences.
La décision annoncée vendredi porte sur les visites et engagements officiels du Parlement nigérian. Elle ne s’accompagne, à ce stade, d’aucune annonce de rupture des relations diplomatiques entre les deux gouvernements, qui entretiennent des liens économiques et politiques importants au sein de l’Union africaine et des BRICS.
En Afrique du Sud, les autorités attribuent une partie des tensions à la pression sur l’emploi, les services publics et la gestion de l’immigration irrégulière, tout en répétant que les particuliers ne peuvent se substituer aux forces de l’ordre. Le gouvernement a notamment renforcé les contrôles aux frontières et les dispositifs de rapatriement au cours des derniers mois.
Le ministère nigérian des Affaires étrangères avait déjà indiqué cet été que les évacuations de ressortissants depuis l’Afrique du Sud se poursuivraient en fonction des besoins. La suspension décidée par le Parlement intervient alors que la sécurité des migrants reste un point de friction majeur dans la relation entre Abuja et Pretoria.



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