Najat Vallaud-Belkacem dénonce la politique « toxique » des GAFAM

Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre française et autrice d’un livre sur le sevrage numérique, alerte sur les effets des algorithmes des géants du numérique (GAFAM) sur la santé mentale des jeunes. Dans une interview accordée à Melty, elle dénonce des pratiques publicitaires ciblées et appelle à des mesures pour encadrer ces plateformes.

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ex-membre du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem dénonce la politique "toxique" des GAFAM
ex-membre du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem dénonce la politique "toxique" des GAFAM
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Najat Vallaud-Belkacem est un visage connu de la vie politique française. Sous la présidence de François Hollande, elle a exercé successivement les fonctions de ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, puis ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Elle fut la première femme à occuper ce dernier poste. Toujours active politiquement, elle vient de publier un ouvrage consacré au sevrage numérique.

Interrogée par Melty, l’ancienne ministre évoque le rôle des algorithmes des grandes entreprises technologiques dans la construction de dépendances et de troubles psychiques chez les adolescents. Elle s’appuie notamment sur le témoignage d’une lanceuse d’alerte, ex-salariée de Facebook, qui relate le fonctionnement d’un algorithme publicitaire sur Instagram.

GAFAM : des algorithmes qui posent problème

Les GAFAM — Google (Alphabet), Apple, Facebook (désormais intégré à Meta), Amazon et Microsoft — dominent des marchés clés et disposent d’une capitalisation boursière supérieure à celle de nombreux États. Ces groupes sont, selon Najat Vallaud-Belkacem, omniprésents dans la vie quotidienne, surtout dans un contexte de développement accéléré du numérique.

La lanceuse d’alerte citée par l’ex-ministre explique qu’un simple geste d’une adolescente sur Instagram peut déclencher des recommandations publicitaires potentiellement dommageables : « Elle s’est rendue compte que l’algorithme, lorsqu’une jeune adolescente, par exemple, poste un selfie d’elle-même sur Instagram, et le retire juste après parce qu’elle ne se trouve finalement pas si belle, qu’elle a des complexes, etc., l’algorithme, immédiatement, lui envoie des images pour de la chirurgie esthétique, des régimes, etc. »

Reprenant ce témoignage, Najat Vallaud-Belkacem met en évidence la corrélation entre ces pratiques et l’émergence de problèmes de santé mentale et d’anxiété chez des jeunes utilisateurs : « Vous voyez un petit peu comment on a installé, notamment chez nos adolescentes, toutes ces problématiques de santé mentale et d’anxiété ? »

Plus loin dans l’entretien, elle emploie des termes très durs pour qualifier ces entreprises : « Les GAFAM, c’est la mafia, en fait, tout simplement, parce que ces entreprises savent que leur produit est toxique, elles le rendent de plus en plus toxique et elles cherchent à nous attraper de plus en plus jeunes, exactement comme la mafia. »

Elle critique également les relations entre ces multinationales et les pouvoirs publics, évoquant « des liens incestueux avec les gouvernements et les États pour empêcher toute régulation. »

Sur les solutions, Najat Vallaud-Belkacem mentionne des pistes juridiques, politiques et techniques pour limiter le fonctionnement actuel des algorithmes et réduire le caractère addictif des réseaux sociaux : « Il y a des solutions, juridiques, politiques, techniques, pour empêcher les algorithmes de fonctionner comme ça, rendre les réseaux sociaux moins addictogènes. »

Elle conclut son intervention en appelant à une mobilisation auprès des décideurs : « Il y a plein de choses qu’on peut faire, j’en donne des exemples, il faut vraiment faire du lobbying auprès de nos autorités publiques pour qu’elles adoptent ces lois maintenant. »

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