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Minerais critiques : Washington et Bruxelles s’organisent pour contrer la Chine

Les États-Unis et l’Union européenne intensifient leurs démarches pour coordonner les chaînes d’approvisionnement en minerais dits critiques, en visant la production, le financement et la sécurisation de ressources indispensables aux technologies de la transition énergétique et à la défense, selon des informations de Bloomberg reprises par Reuters. L’objectif affiché consiste à réduire la dépendance aux capacités industrielles chinoises en favorisant l’émergence d’acteurs alternatifs et en structurant des flux d’approvisionnement fiables entre Washington et Bruxelles.

ECONOMIE
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Guinée: les premières cargaisons de fer de la mine de Simandou sont arrivées en Chine
<span>Vue aérienne de la mine de Simandou, l'un des plus grands gisements de minerai de fer à haute teneur, exploité par Rio Tinto et ses partenaires dans le cadre d'une coentreprise, SimFer, dans la région de Nzérékoré, en Guinée, le 4 novembre 2025.</span> <span>REUTERS - Luc Gnago</span>
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Le dispositif étudié comprend des mesures incitatives économiques destinées à rediriger les approvisionnements hors de la sphère chinoise, parmi lesquelles des garanties financières évoquées comme des prix planchers pour soutenir la viabilité de nouveaux producteurs. Ces instruments visent à rendre économiquement attractif le développement d’une offre non chinoise sur des segments stratégiques tels que le raffinage des terres rares et le traitement des matériaux pour batteries et semi‑conducteurs, souligne Bloomberg.

Parallèlement, les discussions portent sur l’harmonisation des normes industrielles, la coordination des investissements et la mise en œuvre de projets conjoints couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur : exploration, extraction, traitement, raffinage, recyclage et valorisation. Ce cadre commun devrait permettre, selon les mêmes sources, d’anticiper et de pallier d’éventuelles ruptures d’approvisionnement liées aux politiques des pays dominants du secteur.

Focus sur l’Afrique centrale et les initiatives bilatérales

Ce rapprochement transatlantique intervient alors que l’Afrique centrale s’affirme comme une zone clé de cette recomposition géopolitique. La République démocratique du Congo (RDC) et la Zambie constituent des bassins majeurs de production de cuivre, la RDC dominant par ailleurs la production mondiale de cobalt. Ces gisements sont au cœur des stratégies visant à sécuriser les métaux nécessaires aux industries de l’énergie et de la défense.

Washington a multiplié les engagements bilatéraux en parallèle des pourparlers avec Bruxelles. Selon Reuters, Kinshasa et les États‑Unis ont signé en décembre 2025 un accord‑cadre portant sur la coopération dans l’exploration du cobalt, du cuivre et du lithium ; la RDC aurait ensuite transmis à Washington une liste d’actifs miniers incluant le manganèse, le cuivre‑cobalt, l’or et le lithium, assortie de la création d’un comité de pilotage conjoint chargé du suivi du partenariat.

Le rôle du Cameroun a été mis en avant lors d’une réunion trilatérale tenue à Yaoundé entre les États‑Unis et l’Australie. Dans un communiqué daté du 8 avril 2026, l’ambassade américaine a indiqué que les échanges visaient à « renforcer la coopération et favoriser la mise en place de chaînes d’approvisionnement sûres et diversifiées », en soulignant le potentiel du pays pour des ressources stratégiques comme le cobalt, le rutile et le nickel.

Le sous‑sol camerounais suscite un intérêt grandissant du fait de la diversité de ses ressources. Le gisement de Nkamouna‑Lomié est souvent cité comme exemple de ce potentiel, avec des réserves estimées à environ 100 millions de tonnes comprenant du cobalt, du nickel et du manganèse

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