Madagascar : la justice ordonne la démolition du Colisée d’Antananarivo
Un coup de théâtre judiciaire pourrait changer le visage de la colline la plus élevée d’Antananarivo. Le 18 février 2026, une décision de justice malgache a enjoint la démolition du bâtiment connu sous le nom de Colisée, ont indiqué le ministre de la Culture ainsi que plusieurs héritiers de familles royales.

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Édifié en béton et ouvert au public en 2023, cet amphithéâtre suscite des polémiques depuis son édification. Sa construction, voulue par l’ancien président Andry Rajoelina, a été vivement critiquée pour son emplacement, au pied du Palais de la Reine, un site chargé d’histoire et de sacralité pour de nombreux Malgaches.
Les opposants au Colisée reprochent notamment la proximité de l’ouvrage avec des lieux mémoriels et rituels, estimant que le choix du terrain porte atteinte au caractère patrimonial et spirituel de la zone. Ces réserves ont alimenté des tensions publiques et judiciaires depuis plusieurs années.
Avec l’ordonnance de démolition, l’hypothèse d’un chantier d’envergure devient tangible : il s’agira non seulement de retirer la structure en béton mais aussi de gérer les conséquences archéologiques, patrimoniales et urbanistiques que cette opération entraînera sur la colline.
Réactions et enjeux autour d’un site sensible
Le ministre de la Culture, aux côtés de descendants de dynasties locales, a rendu publique la décision de justice, soulignant l’importance de respecter les traditions et la valeur historique du site. Pour ces acteurs, la sauvegarde du patrimoine prime sur les projets contemporains implantés en zone sacrée.
De leur côté, les partisans de l’amphithéâtre mettaient en avant ses usages culturels et événementiels depuis son inauguration. La perspective d’une démolition ravive cependant le débat sur la conciliation entre développement urbain et protection des lieux symboliques.
Sur le terrain, la mise en œuvre de la décision exigera des expertises techniques — démolition contrôlée, études de sol, et éventuelles opérations de préservation archéologique — ainsi qu’un calendrier clair pour minimiser les risques et les perturbations dans la capitale.
Au-delà des aspects matériels, ce dossier réactive des questions politiques et mémorielles : qui décide de l’usage des espaces historiques, et comment sont prises en compte les voix des communautés traditionnelles face aux projets d’État ?

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