Le Royaume-Uni interdit les visas étudiants pour deux pays africains
La ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, a annoncé une mesure destinée à répondre aux préoccupations selon lesquelles certains demandeurs tireraient avantage du système britannique des visas et de l’asile.

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Le ministère indique que les visas d’études pour les ressortissants d’Afghanistan, du Cameroun, du Myanmar et du Soudan sont suspendus immédiatement. Les visas de travail pour les Afghans et les Soudanais font également l’objet d’un gel.
D’après les données communiquées par un cabinet de conseil en immigration, ce gel touche environ 4 500 étudiants et 1 200 travailleurs qualifiés originaires du Cameroun et du Soudan, dont les demandes d’admission pour l’année universitaire 2026 sont en cours d’examen.
Mesure qualifiée d’inédite
Le ministère de l’Intérieur a présenté cette suspension comme une action sans précédent, la première fois que des interdictions de visa de ce type sont mises en place. Mahmood a déclaré que le Royaume-Uni continuerait d’accueillir des personnes fuyant la guerre et les persécutions, mais que le dispositif des visas ne devait pas être détourné, et qu’elle prenait une décision exceptionnelle pour refuser des visas aux ressortissants considérés comme exploitant la générosité britannique, en rétablissant l’ordre et le contrôle aux frontières.
Selon le ministère, 39 % des 100 000 demandes d’asile enregistrées en 2025 provenaient de personnes arrivées au Royaume‑Uni par des voies de migration légales, notamment des visas d’études.
Les demandes d’asile formulées par des étudiants originaires d’Afghanistan, du Cameroun, du Myanmar et du Soudan ont constitué la part principale de la forte hausse des demandes observée entre 2021 et septembre 2025.
Le gouvernement prévoit d’introduire officiellement l’interdiction de visa jeudi via une modification des règles d’immigration, afin de lui donner un fondement juridique.
Le ministère affirme que la mesure vise à préserver l’intégrité du système d’immigration tout en maintenant un accueil pour les personnes réellement persécutées.
Si des effets immédiats sont attendus pour les demandeurs en provenance du Cameroun et du Soudan, l’exécutif précise que la politique est ciblée et limitée aux ressortissants jugés à risque élevé d’abus des procédures de visa.
Les autorités ont assuré que les demandes légitimes d’étudiants et de travailleurs qualifiés continueront d’être examinées selon les procédures habituelles une fois les nouvelles règles en vigueur.
Le gel d’urgence s’inscrit, selon le gouvernement, dans un durcissement plus large des politiques d’immigration envers les pays considérés comme présentant un risque élevé de demandes irrégulières et reflète la priorité affichée de rétablir le contrôle aux frontières.

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