La BEAC et la BAD mobilisent 143 millions FCFA pour financer l’introduction en bourse de quatre sociétés à la BVMAC
La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), en partenariat avec la Banque africaine de développement (BAD), a relancé le 17 mars 2026 un dispositif financier visant à faciliter l’introduction en Bourse de quatre entreprises de la sous-région, en mobilisant une enveloppe de 223 780 dollars (environ 143 millions de francs CFA) destinée à prendre en charge une partie des frais d’introduction.

SOMMAIRE
Ce nouvel appel à manifestation d’intérêt, inscrit dans le cadre du Projet d’appui au marché financier unifié d’Afrique centrale (PAMFUAC), prévoit le remboursement de coûts précis : la commission de visa de la COSUMAF, la commission d’introduction de la BVMAC, ainsi que les honoraires des conseils juridiques et des commissaires aux comptes chargés de la certification des comptes. Les fonds proviennent du Fonds d’aide au secteur privé africain (FAPA), géré par la BAD, et s’adressent exclusivement à des sociétés qui ne sont pas encore cotées.
La sélection des quatre bénéficiaires se fera sur la base d’une validation conjointe de la BEAC, de la BAD, de la COSUMAF et de la BVMAC. Les entreprises intéressées disposent d’un délai pour déposer leur manifestation d’intérêt auprès de l’Unité de gestion des réformes des institutions financières de la CEMAC (UGRIF) jusqu’au 30 avril 2026.
Contexte régional et obstacles à la cotation
Cette relance intervient après un premier appel lancé en juillet 2025 qui n’avait pas suscité de réponses suffisantes. Selon le communiqué du 14 octobre 2025 signé par la coordinatrice du projet, l’opération avait été déclarée infructueuse en raison d’un nombre insuffisant de candidatures, malgré l’objectif affiché de lever la barrière financière à l’entrée pour les introductions en Bourse.
Le PAMFUAC, piloté par l’UGRIF, vise à dynamiser le marché financier unifié mis en place en 2019 par les six États membres de la CEMAC. À ce jour, sur les entreprises publiques et partenariats public-privé promis à une ouverture de capital, seules deux introductions en Bourse ont été réalisées : la Société commerciale gabonaise de réassurance (SCG-Ré) et la Bange Bank en Guinée équatoriale.
Plusieurs éléments structurels freinent la dynamique. Sur 17 entreprises publiques identifiées par cinq pays de la zone, aucune nouvelle société n’a encore été introduite sur la BVMAC. En janvier 2024, le directeur général de la BVMAC, Louis Banga Ntolo, avait imputé cette situation à la réticence des dirigeants d’entreprises à soumettre leur gouvernance à l’évaluation publique et à la faiblesse de l’application des décisions étatiques favorables à la cotation.
Au Cameroun, les autorités privilégient une approche différente en insistant sur la restructuration préalable des entités ciblées. Des organismes comme Aéroports du Cameroun, Sodecoton, le Port autonome de Douala et Cameroon Hotels Corporation bénéficient d’un accompagnement technique de l’Agence française de développement (AFD) pour améliorer leur gouvernance et leurs pratiques comptables en vue d’une introduction en Bourse plus crédible et susceptible d’attirer les investisseurs institutionnels.
Le mécanisme relancé par la BEAC et la BAD entend ainsi réduire le frein financier lié aux coûts initiaux d’une cotation et inciter des sociétés non encore listées à franchir le pas, sous réserve de la validation des organismes régionaux compétents. Les entreprises de la sous-région peuvent adresser leur manifestation d’intérêt à l’UGRIF jusqu’au 30 avril 2026



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