Interdictions réciproques entre le Burkina Faso et le Mali, selon le ministère
Des restrictions de voyage réciproques entre les États-Unis et plusieurs pays africains perturbent les déplacements et obligent des ONG à revoir leurs modes d’intervention : après l’inscription de Mali et du Burkina Faso sur une liste américaine de pays soumis à des limitations d’entrée, les deux États ont annoncé des mesures interdisant ou limitant l’accès aux citoyens américains, tandis que des organisations humanitaires adaptent leurs pratiques opérationnelles.

SOMMAIRE
La décision américaine a entraîné des réponses diplomatiques et administratives de la part des autorités maliennes et burkinabè, qui ont mis en place des restrictions en retour à l’encontre de ressortissants des États-Unis. Au-delà des conséquences politiques et des annulations de voyages privés, ces mesures ont des répercussions concrètes sur la mise en œuvre de projets menés par des organisations étrangères installées de longue date dans la région.
Parmi les acteurs affectés figure Christian World Outreach (CWO), qui indique que le Burkina Faso devient le deuxième pays où sa mobilité est freinée après Haïti. L’organisation précise toutefois que sa stratégie de partenariat local lui permet, pour l’heure, de maintenir ses activités sur le terrain.
Maintenir l’activité grâce aux partenaires locaux et aux achats in situ
Selon les responsables de CWO, la principale difficulté n’a pas été logistique mais relationnelle : la perte des rencontres en présentiel complique la coordination stratégique et le travail conjoint avec les équipes locales. Les échanges face à face servent à établir des priorités, finaliser des plans et renforcer la confiance entre responsables internationaux et partenaires burkinabè.
Pour réduire la vulnérabilité liée aux limitations de déplacement, l’organisation s’appuie sur des leaders locaux investis et sur une politique d’achat orientée vers l’économie nationale. L’achat de fournitures et de services sur place est décrit comme plus efficace économiquement et comme un moyen de renforcer les circuits locaux, comparé au coût élevé d’envois par conteneurs depuis l’étranger.
Sur le terrain, CWO concentre ses interventions dans les domaines de la santé, de l’éducation et de projets pratiques destinés aux communautés vulnérables. Le Burkina Faso continue de faire face à des défis structurels : sécheresse récurrente, faibles taux d’alphabétisation, violence liée à des groupes extrémistes et fragilité économique, facteurs qui complexifient la mise en œuvre des programmes humanitaires.
Les équipes de terrain et les coordinateurs internationaux maintiennent des relations opérationnelles par des moyens numériques : appels, visioconférences et échanges réguliers permettent la planification et le suivi des activités. Le recours à la technologie contribue à la continuité des programmes malgré l’absence temporaire de personnel expatrié.
Les responsables insistent aussi sur la nécessité de protéger le personnel local et les bénéficiaires, en adaptant les calendriers et en priorisant des interventions susceptibles d’être conduites entièrement par des partenaires nationaux. La gestion des approvisionnements, la formation des équipes locales et la supervision à distance constituent aujourd’hui les principaux leviers mobilisés pour assurer la continuité des actions

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