Guinée équatoriale : deux expulsés des États-Unis battus, selon Amnesty
Amnesty International affirme que deux hommes expulsés des États-Unis vers la Guinée équatoriale ont été arrêtés le 11 septembre puis battus par des policiers. Ils seraient détenus sans accès à leur avocat.

Deux hommes expulsés des États-Unis vers la Guinée équatoriale ont été arrêtés le 11 septembre à Malabo puis battus par des policiers, selon Amnesty International et leurs avocats. Ahmed Soliman, ressortissant égyptien, et Samson Birhane, ressortissant érythréen, étaient retenus à l’hôtel Bamy avec d’autres personnes transférées par Washington.
Amnesty affirme que des policiers ont accusé les deux hommes d’avoir cassé un miroir dans l’hôtel, leur ont couvert la tête avec un sac et les ont frappés à la tête, au dos et aux côtes. Ils auraient ensuite été conduits au poste de gendarmerie de La Luna, où ils sont détenus dans une cellule surpeuplée et n’ont pas pu parler à leur avocat.
Des avocats représentant les personnes expulsées ont également déclaré à l’Associated Press que Soliman et Birhane avaient été battus après leur arrestation. Selon Reuters, le porte-parole du gouvernement équato-guinéen et l’ambassade du pays à Washington n’avaient pas répondu vendredi aux demandes de commentaires sur la détention de Soliman.
Amnesty estime que les deux hommes ont été visés en représailles après avoir dénoncé des menaces et des violences destinées, selon l’organisation, à les pousser à accepter un retour vers leurs pays d’origine. Cette appréciation n’a pas fait l’objet d’une décision judiciaire rendue publique.
Le dossier prolonge les tensions déjà signalées début septembre à l’hôtel Bamy. Le 5 septembre, des policiers avaient pointé leurs armes lors d’une altercation liée à la confiscation de téléphones, selon des témoignages et des images examinés par Reuters. Soliman avait filmé une partie de l’incident avant son arrestation quelques jours plus tard.
Plus de 40 personnes ont été envoyées par les États-Unis en Guinée équatoriale dans le cadre d’un accord de pays tiers évalué à 7,5 millions de dollars, selon l’Associated Press. Plusieurs avaient obtenu devant la justice américaine une protection contre un renvoi vers leur pays d’origine. Leurs avocats affirment que douze personnes ont néanmoins déjà été renvoyées vers leur pays.



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