Ghana : 60e anniversaire du coup d’État qui renversa Kwame Nkrumah

Le 24 février 1966 reste une date charnière dans l’histoire du Ghana : ce jour-là, une action rapide menée par des éléments des forces de l’ordre et des militaires a renversé Kwame Nkrumah, qui avait, près de quatorze ans durant, dirigé le pays depuis les derniers jours de la domination coloniale jusqu’à l’indépendance proclamée en 1957.

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Ghana: il y a 60 ans, le président Kwame Nkrumah était renversé par un coup d'État
Ghana: il y a 60 ans, le président Kwame Nkrumah était renversé par un coup d'État
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Cette opération, menée en quelques heures, mit un terme abrupt au pouvoir d’un dirigeant souvent présenté comme l’initiateur de l’indépendance ghanéenne et l’une des figures les plus en vue du panafricanisme. Sa chute marqua non seulement la fin d’un long chapitre politique au Ghana, mais signala aussi un tournant dans la configuration du paysage politique ouest-africain de l’époque.

Kwame Nkrumah avait accédé au leadership national en tant que chef du gouvernement à la fin de la période coloniale, avant de devenir le visage de la souveraineté retrouvée du pays. Son action, empreinte d’un discours nationaliste et panafricaniste, lui avait valu une grande popularité chez certains, tout en suscitant des oppositions et des inquiétudes auprès d’autres groupes politiques et militaires.

Les conséquences de cet épisode débordèrent largement du cadre intérieur : il provoqua des réactions et des questionnements au-delà des frontières ghanéennes, sur la stabilité des nouveaux États africains et sur la portée des projets politiques portés par leurs leaders post-coloniaux.

Un renversement aux répercussions durables

Sur le plan national, le retrait brusque de Nkrumah ouvrit une période d’incertitudes institutionnelles et de recompositions du pouvoir, tandis que les débats sur la légitimité, la gouvernance et l’orientation économique du Ghana prenaient une nouvelle intensité. Les forces armées et la police, parties prenantes de l’opération, se trouvèrent au centre d’une dynamique qui allait redessiner les équilibres politiques internes.

À l’échelle du continent, la disparition soudaine de l’une des voix les plus affirmées du panafricanisme alimenta des discussions sur la trajectoire des mouvements d’émancipation et sur la capacité des jeunes nations à concilier ambitions souverainistes et stabilité institutionnelle. Pour nombre d’observateurs, l’événement de 1966 soulignait la fragilité des transitions postcoloniales face aux tensions sociales, économiques et militaires qui traversaient l’Afrique.

La commémoration de cet anniversaire réinterroge aujourd’hui l’héritage laissé par Nkrumah : entre reconnaissance de son rôle dans l’accession à l’indépendance et analyses critiques de son exercice du pouvoir, les contours de son influence continuent d’alimenter discussions et recherches, et posent la question de la mémoire politique au Ghana comme ailleurs sur le continent.

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