Gabon : le retrait du diplôme du procureur réclamé par les avocats de Sylvia et Nourredin Bongo
Dans une lettre datée du 23 février 2026, les conseils juridiques d’Ali Bongo et des membres de sa famille ont publiquement mis en cause le procureur gabonais Eddy Minang. Ils reprochent au magistrat d’avoir, par son action dans le dossier, porté atteinte à la valeur et à la dignité du doctorat qu’il a obtenu en France.

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Le document fait référence au jugement rendu à la mi-novembre par la Cour d’appel de Libreville, au cours duquel Sylvia et Noureddin Bongo — respectivement l’épouse et le fils de l’ancien président — ont été condamnés à vingt ans de prison pour des faits qualifiés de détournements massifs de deniers publics.
Les condamnations ont été prononcées en l’absence des prévenus et sans la présence de leurs avocats, un élément que les défenseurs soulignent pour souligner, selon eux, le caractère contestable de la procédure et l’irrégularité du déroulement du procès.
Dans leur courrier, les avocats estiment que le comportement du ministère public ne correspond pas aux exigences de neutralité et d’éthique attendues d’un magistrat titulaire d’un titre universitaire acquis à l’étranger, arguant que de telles pratiques affaiblissent la confiance dans les institutions judiciaires.
Les griefs soulevés et leurs implications
Les conseils affirment que le procureur, par ses actes et ses orientations dans l’instruction et l’action publique, a contribué à obtenir des décisions défavorables à des proches du président renversé. Ils voient dans ce dossier la manifestation d’une justice influencée par des considérations politiques plutôt que strictement juridiques.
Ce rappel de la formation universitaire d’Eddy Minang vise clairement à frapper les esprits : selon les avocats, un tel niveau académique devrait aller de pair avec une conduite irréprochable, et toute déviance serait d’autant plus lourde de conséquences pour la crédibilité du parquet.
Au-delà des échanges de tirs entre parties, cette affaire pose des questions plus larges sur l’indépendance de la justice au Gabon et sur la manière dont sont traités les dossiers impliquant des personnalités politiques. Les avocats de la famille Bongo laissent entendre qu’ils n’excluent pas de poursuivre toutes voies de recours utiles pour contester ces condamnations.
La lettre du 23 février 2026 marque une étape dans le bras de fer judiciaire et politique autour du dossier Bongo : elle expose publiquement les tensions entre la défense et le ministère public et annonce très probablement de nouvelles batailles procédurales dans les semaines qui suivent.

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