Gabon : « l’asphyxie fiscale progressive » des PME menace la stabilité des prix
Le Syndicat autonome des commerçants du Gabon (SYNACOG) alerte sur une « parafiscalité infernale » qui étouffe le commerce de détail au Gabon, selon les conclusions d’une assemblée tenue à Libreville le 4 avril 2026. Les opérateurs dénoncent une superposition de prélèvements mis en œuvre par différentes administrations et collectivités locales, une pression dont ils estiment qu’elle fragilise la solvabilité des petites et moyennes entreprises dans un contexte économique encore marqué par la sortie de crise.

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Les commerçants présents ont décrit un système de collecte fragmenté, multipliant points de contrôle et taxes sans coordination apparente entre les autorités. Ce mille-feuille fiscal, selon leurs témoignages, pèse sur la trésorerie des entreprises de proximité et sur les marges des PME, alors même que certaines charges perçues ne semblent pas correspondre à une contrepartie de service public identifiable. La conséquence immédiate rapportée est un déplacement progressif d’acteurs vers le secteur informel, avec l’effet paradoxal d’une érosion potentielle de l’assiette fiscale déclarée.
Le secteur de la boulangerie a été mis en avant comme illustration des désordres observés. Malgré une décrue des indices mondiaux des matières premières agricoles depuis les pics de 2022, le prix du sac de farine demeure fixé au Gabon à 19 000 FCFA, alors qu’un niveau d’équilibre historique est estimé à 16 000 FCFA par sac. Ce différentiel de 3 000 FCFA est imputé en grande partie aux coûts logistiques et aux prélèvements divers intervenant tout au long de la chaîne, empêchant la transmission d’une baisse des cours internationaux vers le consommateur final.
Demandes et enjeux soulevés par les commerçants
Face à cet état de fait, le SYNACOG a appelé à une réforme de la collecte fiscale axée sur la simplification et l’harmonisation des taxes. Les représentants du syndicat ont insisté sur la nécessité d’un cadre plus lisible pour les opérateurs économiques afin de préserver la viabilité des commerces de proximité. L’argument avancé repose sur l’idée que des prélèvements multiplicateurs, non coordonnés et parfois perçus à différents niveaux administratifs, transforment des charges compatibles en facteurs de fragilisation financière.
Les intervenants ont également souligné l’impact sur le pouvoir d’achat des ménages : quand les baisses ponctuelles des cours internationaux ne se reflètent pas dans les prix locaux, la pression sur le budget des consommateurs augmente. Parallèlement, les coûts logistiques et les diverses taxes pèsent sur la compétitivité des entreprises locales, en particulier celles dont les marges sont étroites et qui disposent de peu de réserves de trésorerie.
La problématique posée par le SYNACOG met en tension deux impératifs fréquemment opposés : la mobilisation des recettes publiques par les autorités locales et centrales, et la préservation des capacités d’achat et de l’activité économique des commerçants. Le syndicat réclame une clarification et une rationalisation des modalités de prélèvement afin d’éviter un risque accru de fermetures en cascade de points de vente de proximité



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